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France / Brexit

La diplomatie française mobilisée face au Brexit

Le président François Hollande entouré du ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (g) et le Premier ministre Manuel Valls, le 16 juillet 2016.
Le président François Hollande entouré du ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (g) et le Premier ministre Manuel Valls, le 16 juillet 2016. REUTERS/Matthieu Alexandre
Texte par : Sophie Malibeaux
4 mn

Comment la diplomatie française se positionne-t-elle face aux défis qui se présentent à l’Europe ? Avec le Brexit, c’est le sort même de l’Union européenne qui est en jeu. Confrontée à la sortie du Royaume-Uni de l’Union, mais aussi à la menace terroriste, et au défi que représente un afflux croissant de réfugiés à ses frontières, comment l’Europe va-t-elle réagir ? Les diplomates sont aux premières loges de cette nouvelle étape de la construction européenne.

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Les représentants de la France à l’étranger réunis pour la Semaine des ambassadeurs ont consacré toute la journée du jeudi 1er septembre 2016 à l’Europe, entre appel au calme et à la mobilisation en faveur du projet européen.

Malgré tout, cette rentrée n’est pas une rentrée comme les autres pour les Européens. Tous les regards sont tournés vers le Royaume-Uni.

Face aux ambassadeurs français, le ministre des Affaires étrangères a estimé tout d’abord qu’il fallait tirer les leçons du vote des Britanniques. « Être lucide, c’est constater que l’Europe est largement perçue comme n’ayant pas tenu sa promesse. Donc il faut écouter la déception, voir, le rejet qu’elle peut susciter, explique Jean-Marc Ayrault. Le résultat du référendum britannique introduit même un doute sur le caractère irréversible de la construction européenne. »

Pas de panique face au Brexit

Dans un deuxième temps, lors de son discours aux ambassadeurs, c’est le sang froid qui est prôné par le chef de la diplomatie, Jean-Marc Ayrault, à propos du Brexit :

« Cette décision du peuple britannique de quitter l’Union européenne est grave, et la France le regrette profondément, compte tenu de ses liens forts avec le Royaume-Uni, et de son impact sur l’Union européenne. Mais je ne crois pas que notre analyse de la situation européenne doit être surdéterminée par le résultat du référendum britannique. »

La question qui se pose néanmoins est de savoir si le vote britannique pourrait être précurseur d’une lame de fond en Europe contre l’Union. Le ministre n’y croit pas. Pour preuve, selon lui : le désarroi observé au Royaume-Uni, parfois jusque dans les rangs des partisans du Brexit, et le délai imposé par Londres pour formaliser sa sortie.

Réaffirmer les acquis européens

En somme, pas de panique. Selon le ministre, c’est bien au contraire le moment de réaffirmer les acquis européens. Cela revient aux diplomates européens et aux représentants nationaux.

Exemple, pour la France : l’ambassadeur Pierre Selal. Son rôle est crucial : « Je représente la France à Bruxelles et donc je m’efforce de faire en sorte que les intérêts de la France soient défendus aussi efficacement que possible et surtout inspirent le plus fortement possible les décisions et politiques européennes. En même temps, ma responsabilité est de montrer, pour être influent à Bruxelles, pour être efficace, pour que nos intérêts nationaux soient pleinement pris en compte, et même soient au centre des politiques européennes, qu’il faut savoir comprendre à quoi les autres aspirent, quels sont leurs intérêts et comment on peut les combiner aux nôtres. »

En finir avec l’Europe-bouc émissaire

L’art du compromis est un exercice difficile en période de défiance vis-à-vis de Bruxelles. Certains experts estiment pourtant que l’on exagère le poids de Bruxelles sur les politiques des Etats membres.

A en croire, Yves Bertoncini, directeur de l’institut Jacques Delors (un Européen convaincu), la proportion de décisions soumises aux impératifs européens est bien moindre que ne le prétendent les eurosceptiques.

« Quand on regarde des sujets, tels que ceux qui seront abordés dans la campagne électorale française : la sécurité, l’éducation, le logement, les sujets de protection sociale ou de fiscalité, on est frappé par le fait que la dimension européenne est assez faible et qu’en réalité – sauf pour certains métiers comme les agriculteurs et les pêcheurs- l’Europe est bel et bien subsidiaire, quand elle n’est pas invoquée comme un bouc émissaire des difficultés de tel ou tel état membre, ou, tel ou tel responsable politique. »

Ce qui fait que cette année la cause européenne risque d’être difficile à plaider, comme tous les cinq ans au moins, en France.

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