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France / Justice

Procès Cahuzac: les juges ne savent plus que croire

Jérôme Cahuzac arrive au palais de justice le 5 septembre 2016.
Jérôme Cahuzac arrive au palais de justice le 5 septembre 2016. REUTERS/Philippe Wojazer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac comparaissait ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris, au deuxième jour de son procès pour fraude fiscale et blanchiment. Sa ligne de défense, consistant à affirmer que l’argent déposé sur son compte en Suisse n’était pas le sien, ne semble pas convaincre la justice.

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Avec notre envoyé spécial au palais de justice de Paris,  Franck Alexandre

La situation devient intenable pour l’ancien ministre du Budget, enferré dans une stratégie de défense qui semble n'être qu'un mensonge de plus.

Le prévenu maintient contre toute logique qu’une partie de l’argent déposée sur son compte suisse ne lui appartenait pas. « C’était de l’agent certes collecté illégalement » dit-il, mais seulement pour assurer le financement politique de son mentor Michel Rocard, décédé cet été.

« L’homme a tellement menti que personne ne le croit », lui répond sèchement le président de la 32e chambre correctionnelle, Peimane Ghaleh-Marzba.

Un engrenage « mécanique »

Alors, la voix tremblante, le prévenu Cahuzac fend l’armure. « Je suis coupable, j’admets que l’on juge effarant le mal que j’ai fait ». Ajoutant : « Je savais que tout cela allait révéler cette part de moi-même que je ne voulais pas révéler. » Mais il l’assure, il a aussi fait des choses bien dans sa vie. Face au scepticisme des juges, il tente d’argumenter. Il assure toujours que son compte suisse finançait la vie politique d’une partie de la gauche. Il y tient, il insiste. Cet argent, il n’y a d’ailleurs jamais touché.

« Mais comment croire ce nouveau récit, jamais évoqué pendant l’instruction ? », rétorque sèchement le président du tribunal, qui poursuit : « cela ressemble à de l’escroquerie ». Le ministère public, représenté par le vice-procureur Jean-Marc Toublanc, est tout aussi dubitatif : pourquoi cet argent a-t-il été conservé aussi longtemps sur un compte occulte sur les rives du lac Léman, au nom de Cahuzac, alias « Birdie » ? Sur ce nom de code, le président demande : « Dans l'acte qui vous mène à la transgression, est-ce qu'il n'y a pas un frein ? Dans une banque française, on ne vous demande pas de prendre un nom de code... »

« Tout cela est un peu ridicule », reconnaît le prévenu, qui affirme avoir été pris dans un engrenage « mécanique ». Enfin, il avoue qu’au début des années 2000, ce compte a aussi servi à encaisser ses honoraires de chirurgien. « Cet argent-là est à moi, je ne l’ai pas déclaré, c’était de la fraude. » Et Jérôme Cahuzac conclut : « Que puis-je faire maintenant ? »

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