France

France: Areva poursuivi par 300 salariés qui avaient investi dans le capital

Areva, fleuron du nucléaire français, est aujourd'hui au bord de la faillite.
Areva, fleuron du nucléaire français, est aujourd'hui au bord de la faillite. AFP PHOTO BERTRAND GUAY

Information révélée par nos confrères du quotidien Le Parisien : le parquet national financier français a ouvert une enquête préliminaire visant Areva, à la suite d'une plainte de représentants de salariés du groupe. L'enquête a été ouverte du chef de « diffusion d'informations fausses ou trompeuses ».

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Les enquêteurs de la brigade financière cherchent à savoir si le géant du nucléaire, en 2013, a poussé les salariés à investir dans le capital de l'entreprise, alors même que la situation financière du groupe était bien moins florissante qu'annoncée. Un tiers des effectifs d'Areva, fleuron du nucléaire français, avait sauté le pas à l'époque.

Plus de 14 000 salariés avaient ainsi investi près de 30 millions d'euros dans le capital de leur entreprise. Un bon placement, espéraient-ils, qui génèrerait une plus-value financière. Mais l'investissement a tourné au fiasco. Etabli à plus de 11 euros à l'achat, le cours de l'action s'est rapidement effondré. Le titre ne vaut plus aujourd'hui que la moitié de sa valeur d'achat.

300 salariés et retraités coalisés autour d'un avocat

Pour les salariés investisseurs, il y a maldonne. Le syndicat Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC), à l'origine de la plainte, soupçonne le groupe d'avoir embelli les comptes de l'entreprise pour assurer le succès de l'opération. Ces derniers jours, le nombre de plaignants ne cesse de grossir : déjà 300 salariés et retraités du groupe se sont joints à la procédure.

Tous sont défendus par Cyril Cambon. L'avocat, qui centralise les plaintes individuelles, estime qu'Areva a véritablement poussé ses employés à investir avant l'annonce de résultats désastreux. Du côté de la direction, on assure que le groupe s'est toujours conformé aux obligations légales en termes de communication financière.

C'est désormais au parquet national financier de se prononcer, en classant l'affaire sans suite ou en la renvoyant devant un tribunal correctionnel. « Dans cette seconde hypothèse, nous déposerions une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, afin d'obtenir la nomination d'un juge d'instruction », assure Me Cambon dans les colonne du Parisien.

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