Migrants

Le démantèlement de la «jungle» de Calais a commencé

Des migrants quittent la «jungle» de Calais, lundi 24 octobre au petit matin.
Des migrants quittent la «jungle» de Calais, lundi 24 octobre au petit matin. RFI / Richard Riffonneau
Texte par : RFI Suivre
7 mn

L'évacuation de la « Jungle » de Calais a commencé ce lundi 24 octobre. Le démantèlement de ce vaste campement précaire de milliers de migrants a débuté à 8h. Au total, 60 cars doivent maintenant acheminer les migrants vers des centres d'accueil un peu partout en France.

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Avec notre envoyée spéciale à Calais,  Alice Pozycki

Tout s’est accéléré à partir de 8h, ce lundi matin. La file d’attente où patientaient les migrants s’est transformée en course désordonnée pour arriver en premier aux portes du point d’accueil. Les premiers exilés sont venus au petit matin pour être en tête de cette file. Plus d’une centaine de migrants ont patienté parfois pendant plus de deux heures que les portes s’ouvrent et les arrivées continuent.

Pour l'instant, il s'agit principalement d'hommes, bien souvent originaires du Soudan, d'Erythrée ou d'Ethiopie. Ils quittent le bidonville, chargés de leurs valises, de leurs sacs qu’ils tirent sur des centaines de mètres jusqu’au grand hangar où ils doivent être pris en charge.

Les Afghans, eux, ont préféré faire demi-tour pour partir ensemble demain. Ils vont donc passer une nuit de plus dans la jungle. L'un d'eux, rencontré par RFI, explique par être venu pour prendre un bus avant de changer d’avis au dernier moment. Il envisage de prendre un train direction Paris puis Milan, car il ne souhaite pas perdre de temps avec une procédure d’asile en France.

Je ne sais pas quelle sera la prochaine étape ni quand on le fera. J'attends pour un bus, c'est tout ce que je sais.

Avec les migrants évacués de la «jungle» de Calais

Quatre files d'attente, soixante bus

Au total on compte quatre files d’attente : une pour les majeurs, une pour les mineurs isolés, une troisième pour les familles et une dernière pour les personnes vulnérables, malades ou âgées. Il est demandé aux mineurs de retirer leur bonnet, de retirer leur écharpe, de donner leur âge et sur cette simple déclaration, ils sont pris en charge par France terre d'asile. Eux, ne passeront pas une nuit de plus dehors.

Un bracelet de couleur est distribué à chaque personne en fonction de la destination, les migrants ayant le choix entre deux régions en France. Ils seront ensuite conduits vers de grandes tentes, là aussi en fonction de leur destination.

Une fois la tente complète avec 50 personnes à l’intérieur, les migrants seront amenés vers les bus. Ce hangar est donc une sorte de gare routière où les départs vont défiler toutes les 15 à 20 minutes.

Des migrants attendent à l'entrée du centre de transfert, avant d'être évacués par autocar de la «jungle» de Calais, lundi 24 octobre 2016.
Des migrants attendent à l'entrée du centre de transfert, avant d'être évacués par autocar de la «jungle» de Calais, lundi 24 octobre 2016. REUTERS/Pascal Rossignol

Solutions alternatives

Mais le problème, c’est que sur ces 6 500 migrants, beaucoup ne veulent pas partir, et ce malgré les conditions d'accueil et les explications fournies par les services de l’Etat. Certains s’obstinent à rester pour partir en Angleterre ou pour profiter des dernières heures afin de trouver une solution alternative au centre d’hébergement.

L’opération doit se poursuivre jusqu’à ce soir 20h et les jours prochains. A la fin de la journée, 3 000 personnes auront quitté le bidonville de Calais vers des centres d’hébergement répartis un peu partout en France.

Mais si pour le moment, les départs sont basés sur le volontariat, Christian Salomé, président de l'association l'Auberge des migrants, s'inquiète du sort de ceux qui ne souhaitent pas quitter Calais.

Normalement, pendant trois jours, les migrants seront simplement poussés un peu plus loin, dans les abris qui restent. Ensuite, tout le camp sera détruit et ces gens seront poussés hors du camp. On va en retrouver dans la ville de Calais, sous les ponts, dans les jardins publics, dans des maisons abandonnées, dans des usines désaffectées...

Christian Salomé, président de l'association l'Auberge des migrants

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