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Conflits

La torture redevient acceptable durant les conflits, selon une enquête

Des menottes de chevilles lestées fabriquées en Chine et utilisées lors de séances de torture
Des menottes de chevilles lestées fabriquées en Chine et utilisées lors de séances de torture Amnesty/© Robin Ballantyne
Texte par : RFI Suivre
2 mn

D'après une vaste enquête menée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a interrogé plus de 17 000 personnes dans seize pays, 36% des sondés pensent que la torture devrait être autorisée dans certains cas. Un chiffre en hausse par rapport à une enquête similaire menée en 1999.

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48 % des personnes interrogées sont contre le fait de torturer des combattants ennemis pour obtenir des renseignements militaires importants. Un chiffre en net recul par rapport à la précédente enquête du CICR. En 1999 en effet, 66 % des sondés s'opposaient à ce procédé.

« Effectivement, depuis une vingtaine d'années, les opinions publiques considèrent que la torture peut être dans certains cas acceptable. Alors, évidemment, au regard du droit international humanitaire, c'est inacceptable », résume Frédéric Joly, porte-parole du CICR en France.

Pierre Mottin, porte-parole de l'ONG Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat) qui lutte contre la torture et la peine de mort, déplore aussi cette évolution et veut mettre fin à l'idée selon laquelle la torture peut permettre d'obtenir des renseignements utiles en période de conflit. « Un rapport du Sénat américain sur la torture exercée par la CIA après le 11-Septembre montrait que les renseignements obtenus sous la torture étaient soit totalement faux - car quand on est torturé, on dit n'importe quoi pour que la torture s'arrête - soit étaient des renseignements qui avaient déjà été récoltés et recoupés depuis bien longtemps, sans avoir recours à la torture. Donc c'est un mythe. »

L'enquête du CICR a été réalisée dans des pays en conflit (Irak, Nigeria, Soudan du Sud...) mais aussi dans les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU : Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France.

Lire l'enquête

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