France/RDC

Paris refuse de délivrer des visas à des enfants de RDC adoptés en France

La France a décidé fin novembre de suspendre, à compter du 31 décembre 2016, les adoptions d'enfants en RDC en raison des «irrégularités» constatées «depuis des mois» dans les dossiers, selon le ministère français des Affaires étrangères.
La France a décidé fin novembre de suspendre, à compter du 31 décembre 2016, les adoptions d'enfants en RDC en raison des «irrégularités» constatées «depuis des mois» dans les dossiers, selon le ministère français des Affaires étrangères. Franck Metois/Getty Images
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En France, des familles adoptives attendent leurs enfants congolais. 54 d'entre eux sont bloqués en République démocratique du Congo car le Quai d'Orsay refuse de leur accorder un visa. Les familles adoptantes ont lancé une pétition ce vendredi 9 décembre pour qu'une solution soit trouvée par le ministère des Affaires étrangères.

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Les chambres. Les jouets. Dans un petit village vendéen de l'ouest de la France, Sylvie et Karl Gaborit ont tout préparé pour accueillir les deux enfants congolais qu'ils ont adoptés. Sans visa long séjour, Emmanuel, 7 ans, et Dorca, 9 ans, sont toujours à Kinshasa. Trois ans après la validation du dossier par la justice congolaise.

« Quand on a vu nos enfants par Skype, Emmanuel est très distant mais là, quand il nous a vus, il a eu un sourire en disant 'c'est vrai, ils existent, c'est pas du pipeau'. Vraiment, ils perdent confiance. Aujourd'hui, on demande à la France comment on peut gérer des enfants qui attendent dans cette situation précaire comme ça. Vraiment c'est inhumain », explique Sylvie Gaborit.

Raison invoquée par le quai d'Orsay quant à ces refus : il manque des pièces aux dossiers. Au ministère des Affaires étrangères, on évoque des craintes sur de possibles trafics d'enfants. Il a d'ailleurs été décidé de suspendre totalement les adoptions en RDC à compter du 1er janvier. Cette année, 233 enfants congolais ont pu rejoindre la France après avoir été adoptés. Des dossiers qui eux « étaient complets et rassurants » selon le ministère.

Les familles adoptantes demandent tout de même à ce que leurs dossiers soient réétudiés. Sinon elles se tourneront vers leur dernier recours, la justice administrative, qui donnera tort ou raison à ce refus de visa.

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