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Terrorisme

Aide aux victimes du terrorisme: la France veut s'inspirer d'autres pays

La secrétaire d'Etat pour l'Aide aux victimes Juliette Méadel lors de la conférence internationale pour l'aide aux victimes à l'Unesco à Paris, le 9 janvier 2016.
La secrétaire d'Etat pour l'Aide aux victimes Juliette Méadel lors de la conférence internationale pour l'aide aux victimes à l'Unesco à Paris, le 9 janvier 2016. LIONEL BONAVENTURE / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La première conférence internationale pour l'aide aux victimes du terrorisme s'est tenue lundi 9 janvier au siège de l'Unesco, à Paris. La date est symbolique, deux ans après les attentats de Charlie et de l'Hyper Cacher. Cinq cents participants du monde entier sont venus confronter les différents modèles d'accompagnement des survivants d'attaques terroristes ou des familles de victimes. En deux ans, près de 240 personnes ont péri lors d'attaques terroristes en France. L'hexagone doit d'urgence mettre en place un système d'accompagnement.

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Deux cent deux, c'est le nombre de victimes recensées pour les attentats de janvier 2015 en France. Aux 17 personnes décédées s'ajoutent les blessés, les otages, les familles des victimes. Le montant global de leur indemnisation n'est pas encore fixé. Il faudra ensuite les accompagner.

Pour cela, Juliette Méadel, secrétaire d'Etat pour l'Aide aux victimes, souhaite s'inspirer du modèle espagnol. « En Espagne est mis en place avec des entreprises des quotas qui permettent de réserver un quota d’emplois pour les victimes. C’est garanti par la loi et ça favorise leur insertion et le retour sur le marché du travail. Le secrétariat pour l’Aide aux victimes en France pourrait le faire également », estime-t-elle.

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Le retour à l'indépendance dans la vie de tous les jours, c'est ce que doivent soutenir les gouvernements, selon Levent Altan, vice-président de l'association Victim Support Europe. « L'aide aux victimes doit se penser sur le long terme. A Boston, après l'attentat du marathon, des architectes et des constructeurs ont aménagé gratuitement les maisons et les lieux de travail des victimes qui se sont retrouvées en fauteuil roulant. Leur action a été soutenue financièrement par le gouvernement. La réhabilitation, c'est au travail mais aussi à la maison, l'un ne va pas sans l'autre », souligne-t-il.

En France, le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme dispose d'environ 1,5 milliard d'euros. Avant 2015, il dépensait moins de 10 millions par an en indemnisations.

CPI : la justice internationale défend les victimes

François Zimeray, ambassadeur de France au Danemark était présent lors de l'attaque de Copenhague il y a deux ans. Pour lui, « ce que l’on peut apporter aux victimes ce n’est pas l’annulation de leur souffrance, mais c’est la justice. Et à cet égard, même si elle est imparfaite, la justice internationale est un des plus grands succès, une des plus grandes réalisations de la diplomatie des droits de l’Homme depuis soixante ans ».

Bamako, Ouagadougou, Grand Bassam... le continent africain a subi ces deux dernières années une multiplication des attaques terroristes. Cet avocat militant des droits de l'homme qui fut ambassadeur pour les droits de l'homme, s'inquiète de la désaffection des pays africains à l'égard de la Cour pénal internationale. « C’est avec une grande préoccupation que je vois les menaces peser sur la Cour pénale internationale. Cette Cour pénale internationale n’a pas été faite pour cibler des chefs d’Etat africains, comme on le dit, mais elle a été faite pour rendre justice à des victimes sur ce continent et dans le monde entier.
La justice internationale doit être défendue et c’est avec une très grande tristesse et préoccupation, et même un sentiment de révolte, que je vois certains pays s’en désengager.
Le scandale, ce n’est pas que la Cour pénale internationale s’intéresse à quelques dirigeants africains. Le scandale c’est que le monde ait tourné les yeux et ne se soit pas intéressé aux victimes africaines, alors qu’on est massacrés sur ce continent depuis des décennies par millions. C’est ça le scandale !
»

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