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France / Education

Education: le succès croissant du privé, et la question de son financement

Une classe d'enfants dans une école primaire, à Caen, dans le Nord-Ouest de la France.
Une classe d'enfants dans une école primaire, à Caen, dans le Nord-Ouest de la France. AFP
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Ils sont un peu plus nombreux chaque année à déserter les écoles de la République pour grossir les bancs de l’enseignement privé. En 2016, le collège public a ainsi perdu près de 10 000 élèves selon une note de l’Education nationale. Une tendance en constante augmentation.

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La raison principale invoquée par les parents pour se tourner vers l’enseignement privé est la qualité de l'enseignement. Au-delà même du simple apprentissage, c’est l’éducation en général qui serait meilleure dans le privé. Des professeurs moins souvent absents, une discipline plus stricte et finalement, des résultats aux examens nationaux comme le brevet des collèges ou le baccalauréat plus élevés que dans le public.

Les chiffres de la note du ministère de l’Education nationale confirment d’ailleurs le phénomène. Plus l'année scolaire est importante pour le futur de leur progéniture, plus les parents se tournent vers le privé. Par exemple, en maternelle, où il n'y a pas vraiment d'enjeux ou d'examens, la proportion d'élèves dans le privé est de 14%. Au collège, pour la seule classe de 6e, le pourcentage d’élèves dans le privé atteint les 22%.

Il y a enfin une dimension religieuse et traditionnelle dans le choix de mettre ses enfants « dans le privé ». Car en France, la grande majorité des écoles privées est catholique sous-contrat avec l’Etat. A ce titre l’école privée peut donc dispenser un enseignement religieux : du catéchisme ou des cours de théologie par exemple.

Deux idéologies politiques sur le financement

Face à la montée de l’enseignement privé, il y a d'un côté ceux qui estiment que l'éducation doit devenir encore plus concurrentielle. Se targuant des bons chiffres du privé, ils veulent que l'Etat verse plus d'argent à ces établissements et sont favorables à une sorte de libéralisme de l’enseignement. C’est par exemple ce que souhaite le candidat de la droite et du centre François Fillon.

De l'autre côté, certains veulent plutôt consolider l'école publique, la rendre plus attirante et donc plus compétente, en lui attribuant encore plus de moyens. C'est le cas de Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle. Un point de vue que partage également l'actuelle ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. Principal reproche de ses détracteurs, l’école privée reproduirait toujours le même schéma social : « Ce seront toujours les familles qui ont les moyens de payer qui s’en sortiront le mieux », estime la ministre de l’Education nationale.

Les représentants de l'école privée, au contraire, demandent plus de moyens pour pouvoir étendre leur maillage sur le territoire et pouvoir accueillir plus d'élèves en baissant leurs tarifs. C'est ce que note par exemple Caroline Saliou, la présidente de l'Association des parents de l'enseignement libre (Apel). Selon elle, l'école privée est très implantée dans les campagnes et les centres-ville mais manque cruellement de locaux dans les quartiers défavorisés. « Nous ne pouvons pas remplir notre première mission, qui est l’accueil de tous, car nous n’en avons pas les moyens », explique Caroline Saliou.

Un ratio public/privé tanguant

Depuis une trentaine d'années, le ratio d’élèves scolarisés dans le public et dans le privé est relativement stable, s’établissant aux alentours de 80/20. Autrement dit 80% d'élèves dans le public pour 20% dans le privé. Mais ce ratio à tendance à se modifier depuis quelques années. Comme le prouve le nombre de nouveaux élèves en 6e dans le privé en 2016 : 22%.

L'école privée grignote donc des parts à l'école publique. Reste à savoir s'il s'agit d'une tendance qui durera -avec des choix politiques en faveur de l'enseignement privé - ou d'un épiphénomène.

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