France / Défense

A400M: Le Drian se défend face aux engagements pris par Airbus

Avions de transport A400M bénéficiant des premières capacités de largage de parachutistes et de transport en zone de guerre.
Avions de transport A400M bénéficiant des premières capacités de largage de parachutistes et de transport en zone de guerre. RFI / Olivier Fourt

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a réceptionné jeudi sur la base aérienne d'Orléans six avions de transport A400M bénéficiant des premières capacités de largage de parachutistes et de transport en zone de guerre. Le ministre s'est dit « satisfait » de voir le constructeur Airbus tenir ses engagements, mais « exigeant » pour la suite alors que le programme a déjà connu bon nombre d'aléas techniques. La France compte toujours acheter un total de 50 avions, et en a reçu 11 à ce jour. De son côté, le constructeur européen qui anticipe des pertes importantes, redoute une baisse de commandes.

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La semaine dernière, la direction d’Airbus a envoyé une lettre demandant aux pays clients de l'A400M d'aider Airbus à limiter ses pertes affirmant que la viabilité même du groupe aéronautique européen était en jeu. Du point de vue du ministère de la Défense, la lettre de Tom Enders  était « plutôt maladroite ».

A Orléans, devant les six A400M Atlas exigés en urgence par le ministre de la Défense en 2015 pour faire face aux besoins de l'armée française engagée au Sahel et au Moyen-Orient, Jean Yves le Drian a rappelé au président exécutif d'Airbus que la confiance, ça marchait dans les deux sens. « Il peut faire les courriers qu’il a envie de faire, il a entendu ma réponse. Moi je suis satisfait et exigeant. Oui, il y a eu un moment d’interrogation. Moi j’ai toujours cru et je l’ai montré aux responsables d’Airbus et j’étais le seul. Je pense que l’événement d’aujourd’hui est un signe positif pour beaucoup de monde y compris pour les autres partenaires de l’A400M. »

Depuis le début du programme, Airbus enchaine les difficultés techniques, et les clients mécontents des retards accumulés ont décidé dès 2011 de suspendre une partie des paiements. Airbus « ne nous réclame pas d'argent », assure-t-on dans l'entourage du ministre, mais veut entamer une nouvelle discussion autour du programme.

En 2016, Airbus a provisionné 2,2 milliards d'euros en raison des problèmes techniques que connait l'avion. Le montant du programme A400M dépasse aujourd'hui les 30 milliards contre 20 milliards prévus initialement. « L'A400M leur coûte cher en développement, c'est vrai, mais il n'y a pas que dans le secteur militaire qu'Airbus a des problèmes », assure une source proche du dossier.

→ A (re) lire : Crash de l'A400M, un coup dur pour Airbus

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