Accéder au contenu principal
France

Robert Bourgi a payé les costumes à 13000 euros de François Fillon

L’avocat Robert Bourgi devant son bureau, à Paris, le 12 septembre 2011.
L’avocat Robert Bourgi devant son bureau, à Paris, le 12 septembre 2011. Reuters/Gonzalo Fuentes
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Confirmant les informations de nos confrères du journal «Le Monde», l’avocat Robert Bourgi a reconnu avoir commandé et payé les costumes sur mesure de François Fillon pour une valeur de 13 000 euros. L’affaire avait été révélée ce week-end par le «Journal du dimanche». 

Publicité

Un « simple cadeau amical ». Après avoir démenti à deux reprises, Robert Bourgi a reconnu auprès de l'Agence France-Presse avoir acheté deux costumes sur mesure à François Fillon. L'avocat français confirme ainsi les informations du Mondeselon lesquelles ce pilier des réseaux de la « Françafrique » avait offert au candidat à la présidentielle des costumes de chez Arnys, pour une valeur de 13 000 euros. Les enquêteurs ont mené deux perquisitions à la boutique du célèbre tailleur parisien. Ils y ont trouvé un patron aux mesures de François Fillon, mais également les documents attestant que Robert Bourgi a commandé le 7 décembre 2016 puis réglé le 20 février les vêtements du candidat à l’élection présidentielle.

L’affaire avait été révélée par le Journal du dimanche. Dans son édition du week-end dernier, le journal affirmait qu’un mécène avait signé le 20 février un chèque de 13 000 euros pour le règlement de deux costumes achetés chez Arnys. « J’ai payé à la demande de François Fillon », confiait au JDD cet « ami généreux ».

Une facture totale de 48 500 euros

Selon le Journal du dimanche, d’autres achats d’une valeur de près de 35 500 euros ont été réglés en liquide chez ce même tailleur au profit du candidat de la droite et du centre, pour une facture globale de près de 48 500 euros depuis 2012. Rien ne permet cependant d’affirmer que ces achats ont été effectués par Robert Bourgi.

Lundi sur Europe 1, François Fillon s’était dit victime d’une « chasse à l’homme » et s’en était pris « aux dizaines de journalistes » qui « fouillent dans [ses] poubelles ». « Qu’est-ce qui explique qu’il y ait des centaines, des dizaines en tout cas de journalistes qui fouillent dans les poubelles pour s’occuper de mes costumes, demain de mes chemises et pourquoi pas de mes caleçons ? » avait demandé l’ancien Premier ministre.

Une relation vieille de 40 ans

L’histoire est en tout cas révélatrice de la proximité entre les deux hommes. En septembre 2015, lorsque Robert Bourgi est victime d’une attaque de la vésicule biliaire, François Fillon est le premier à lui envoyer un texto pour prendre de ses nouvelles. Quelques jours auparavant, l’avocat avait officialisé son soutien à l’ancien Premier ministre. Lui, l’ex-conseiller de l’ombre de Nicolas Sarkozy pour les questions africaines, lâchait donc en route son ami de toujours pour François Fillon qu’il connaît depuis la fin des années 1970.

Il organise alors des déplacements sur le continent et le met en relation avec des chefs d’Etat africain. Leur proximité est telle qu’il se permet même de lui donner son avis sur la politique internationale. « Ne sois pas trop Poutine, Poutine, Poutine », lui répète-t-il régulièrement.

Mais la parenthèse Fillon ne dure que quelques mois. Robert Bourgi se rabiboche avec Nicolas Sarkozy dès le début de l’année 2016. « Il a l’obsession d’être dans le camp du vainqueur et d’avoir un coup d’avance », raille un ancien ministre. Un aller-retour sans doute révélateur d’une influence déclinante. Car désormais, on se méfie de cet avocat aux pratiques sulfureuses et dont le nom sent le soufre. « J’avais conseillé à Fillon de se tenir éloigné de Bourgi », peste un proche du candidat de droite. Pour un ancien ministre de droite, Robert Bourgi pourrait être lui-même à l’origine des révélations du JDD. « A mon avis, suspecte-t-il, c’est sa manière à lui de le laisser tomber ».

Le parquet national financier élargit son enquête

Selon une source judiciaire de l’Agence France-Presse, le parquet national financier a élargi à des soupçons de trafic d’influence l’enquête sur les accusations d’emplois fictifs dont auraient bénéficié l’épouse et les enfants de François Fillon, confirmant une information de l’hebdomadaire Marianne. Les juges d’instruction cherchent désormais à savoir si ces généreux cadeaux peuvent être lié au mandat de député de François Fillon, sachant que les parlementaires sont tenus de déclarer « tout don ou avantage en nature d’une valeur supérieure à 150 euros. »

François Fillon a été mis en examen mardi 14 mars pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, recel et complicité d’abus de bien sociaux et manquement aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.