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France

Fusillade dans un lycée: le profil du jeune tireur de Grasse se précise

Le lycée Tocqueville de Grasse, jeudi 16 mars 2017. Toute une ville sous le choc dans le sud de la France après la fusillade.
Le lycée Tocqueville de Grasse, jeudi 16 mars 2017. Toute une ville sous le choc dans le sud de la France après la fusillade. REUTERS/Eric Gaillard
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Un adolescent qui ouvre le feu sur ses camarades, dans son lycée. L'image rappelle de nombreux faits divers aux Etats-Unis ou ailleurs, mais ce n'était jamais arrivé en France. Jeudi 16 mars 2017, un garçon de 16 ans, armé d'un fusil de chasse et de deux armes de poing, a semé la panique dans le lycée Alexis de Tocqueville de Grasse, près de Nice, dans le sud de la France. Quatorze personnes ont été blessées. Le garçon est en garde à vue. Deux de ses amis aussi.

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Au lendemain de la fusillade dans le lycée de Grasse, les élèves qui le souhaitaient sont revenus dans l'établissement scolaire ce vendredi matin, pour récupérer les affaires abandonnées sur place mais aussi bénéficier, pour ceux qui le souhaitent, de l'assistance d'une cellule psychologique.

Ecoutez le reportage de notre correspondant :

Pas d'éclats de voix mais un grand calme... Des retrouvailles inhabituelles devant le lycée... Les cours sont annulés, à la place des séances de parole avec des psychologues

Beaucoup d'élèves, à l'image de Lucas, ont passé une très mauvaise nuit

Quatre personnes ont été blessées directement par les tirs du suspect. Parmi elles : le proviseur du lycée Tocqueville, qui a tenté de s’interposer lorsque le jeune homme a ouvert le feu une première fois, relate notre envoyé spécial à Grasse, Raphaël Reynes.

Trois élèves ont, comme lui, reçu des plombs tirés avec le fusil de chasse du lycéen, qui portait également deux armes de poing et deux grenades d’entraînement. Ces quatre blessés sont hospitalisés, leurs jours ne sont pas en danger. Dix autres élèves ont également été blessés dans la bousculade qui a suivi la fusillade.

Solitaire, isolé, le lycéen se serait donné une « mission »

Pascal Baudesson est un ancien militaire des commandos parachutistes. Lorsqu'il a entendu les détonations, Pascal est sorti de la salle de sport et s'est retrouvé nez à nez avec le tireur

Ecoutez le témoignage du gardien du gymnase au micro de notre envoyé spécial

Les faits se sont déroulés peu avant 13 h, jeudi, lorsque le jeune homme, scolarisé en classe de 1e Littéraire dans l'établissement, est entré dans l'enceinte du lycée lourdement armé.

Il s’est rendu dans une première salle de classe, mais semble alors s’être ravisé. Il est ressorti puis s’est rendu à la cantine du lycée. C’est là qu’il a ouvert le feu, blessant le proviseur et plusieurs élèves. La suite reste encore assez floue, mais le gardien de la salle de sport attenante au lycée s’est ensuite retrouvé nez à nez avec le tireur.

Sur RFI, ce dernier affirme que le jeune homme était nerveux, mais assez peu agressif. « Je n’ai pas terminé ma mission » lui aurait-il lancé, avant de se rendre quelques minutes plus tard aux policiers arrivés sur place, sans opposer de résistance. L’adolescent est désormais en garde-à-vue.

Deux de ses amis, des jumeaux, l'ont successivement rejoint ce vendredi. Le second, activement recherché depuis la fusillade, a été reconnu par un gendarme volontaire à 25 km de Grasse, dans une rue de Caillan (département du Var), selon une source proche du dossier. Une enquête du parquet est ouverte pour « tentatives d'assassinats ».

Solitaire, isolé au sein de sa classe, il semblerait que le suspect, fils d'un élu municipal de droite, n’était pas apprécié de ses camarades. Un jeune homme apparemment fasciné par les armes et par les tueries de masse, notamment celle de Columbine, en 1999 dans le Colorado (Etats-Unis).

Un profil de « loup solitaire » moins extrême qu'à Columbine

Le jeune homme suivait sur les réseaux sociaux de nombreux forums consacrés aux deux adolescents qui avaient alors tué treize personnes dans leur lycée. Le profil du jeune homme de Grasse fait d’ailleurs penser à ce phénomène des « loups solitaires », malheureusement bien connu aux Etats-Unis ; des adolescents en rupture avec leur environnement, notamment scolaire, sombrent dans la violence.

Sauf qu'à Grasse, l’adolescent pourrait avoir voulu régler un différend avec certains de ses camarades, et non faire un maximum de victimes avant d’être tué ou de se suicider. C’est peut-être précisément ce qui a permis d’éviter le carnage.

 

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