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France

Commémoration de l'abolition de l'esclavage: la question des réparations

Le Mémorial de l'abolition de l'esclavage à Nantes (photo d'illustration).
Le Mémorial de l'abolition de l'esclavage à Nantes (photo d'illustration). LOIC VENANCE / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Alors que François Hollande, président français encore en fonction, et Emmanuel Macron, candidat élu, commémorent ce mercredi 10 mai la journée de l'esclavage et de son abolition, la députée écologiste Cécile Duflot ouvre le débat sur la question des réparations liées à l'esclavage en portant deux propositions de loi à l’Assemblée.

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La France commémore ce mercredi 10 mai les mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions. L’occasion pour la députée écologiste Cécile Duflot d’ouvrir le débat en portant deux propositions de lois au Parlement.

La première complète la loi Taubira de 2001, et vise à réparer les préjudices résultant de l'esclavage et de la traite négrière. La seconde tend à la reconnaissance du travail forcé dans les colonies comme crime contre l'humanité et à la réparation des préjudices en résultant.

« C’est une occasion particulière, explique Cécile Duflot. La commémoration de l’histoire de l’esclavage va être faite en présence de notre actuel président de la République et de celui qui le sera dimanche prochain et qui a été élu dimanche dernier. »

« Peut-être qu’il y a un moment particulier où, au vu de ses propos durant la dernière campagne, le nouveau président de la République pourrait avoir le courage et l’intelligence de prendre cette question à bras-le-corps », espère l'ancienne ministre.

Pour Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), le combat sur les réparations est essentiel. « Une fois qu’on a reconnu le crime, il faut le réparer. C’est la base du droit naturel. C’est pour ça que le refus de la réparation est extrêmement grave. »

« C’est une forme de négationnisme, considère-t-il. On peut débattre des modalités de la réparation, ça, je veux bien, mais on ne peut pas débattre du principe de la réparation, puisque réparation égale justice. Il n’y a pas de justice sans réparation, et je ne vois pas comment on peut dire : "je suis contre la justice". »

Même si un nouveau gouvernement arrive au pouvoir, la députée Cécile Duflot en est persuadée : son projet de loi sera étudié à l'Assemblée nationale.

Une fondation pour la mémoire de l'esclavage

Quinze ans après la loi Taubira, François Hollande avait annoncé le 10 mai 2016 la création d'une fondation dédiée, une victoire pour les associations qui réclamaient réparation depuis des années.

Le chef de l’Etat devrait officialiser la création de cette institution présidée par Jean-Marc Ayrault et par des personnalités comme l’économiste Lionel Zinsou, la politologue Françoise Verges ou Doudou Diène, initiateur des projets des « Routes interculturelles » de l'Unesco.

« Cela s’adresse aux descendants d’Africains qui vivent en France, parce que c’est là où on va la créer, en Europe, explique Doudou Diène. Deuxièmement, ça s’adresse à la population française en général. La fondation doit aussi être un lieu d’information, de documentation, de pédagogie. »

« Toutes ces choses sont au cœur de la loi Taubira sur la déclaration de l’esclavage comme crime contre l’humanité. Mais il y a un blocage sur la question de l’éducation. Donc elle s’adresse aux Français, tous les Français », ajoute-t-il.

Et le diplomate sénégalais de poursuivre : « Enfin, elle s’adresse au monde, pour dire : "Nous les Français, nous avons été impliqués dans cette tragédie violente, notre Parlement a déclaré que c’est un crime contre l’humanité. Les descendants d’Africains posent le problème de la mémoire de ce crime méconnu par notre population." »

« Nous l’avons assumé, nous avons créé cette fondation pour plonger dans cette histoire, la déconstruire, la rendre visible et pour qu’elle puisse être un fondement de notre société », conclut Doudou Diène.

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