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France

Macron et le gouvernement défendent Ferrand, qui exclut de démissionner

Le ministre Richard Ferrand après le Conseil des ministres de ce mercredi 31 mai.
Le ministre Richard Ferrand après le Conseil des ministres de ce mercredi 31 mai. REUTERS/Charles Platiau
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Les réactions se multiplient après les révélations du Canard enchaîné sur les opérations immobilières de Richard Ferrand. Interrogé ce mercredi 31 mai sur France Inter, le principal intéressé a une nouvelle fois exclu de démissionner. Tandis qu'Emmanuel Macron a appelé le gouvernement à la « solidarité », estimant aussi que la presse ne doit « pas devenir juge ». A droite comme à gauche, les adversaires de La République en marche (LREM) ciblent le ministre de la Cohésion des territoires.

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Richard Ferrand persiste et signe. Le ministre de la Cohésion des territoires, visé par des soupçons de favoritisme, a une nouvelle fois exclu ce mercredi 31 mai de démissionner. « Oui, je suis un homme honnête », a clamé le responsable politique, une semaine après les premières révélations concernant une opération immobilière des Mutuelles de Bretagne, dont il était alors le directeur, et impliquant sa compagne.

« J’ai ma conscience pour moi. Je ne suis pas mis en cause par la justice de la République, que je respecte profondément. […] Je comprends que, petit à petit, le doute a été créé, et le doute, c’est un poison ; la suspicion, c’est un poison de la démocratie ; et c’est normal que les Français et les Françaises s’interrogent ».

Tout ce que j’ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent, validé par un conseil d’administration qui a d’ailleurs exprimé son soutien […] J’ai fourni toutes les pièces. J’ai donné tous les éléments

Ecoutez Richard Ferrand

Dans le même temps, ce mercredi 31 mai, le président Emmanuel Macron appelait à « la solidarité, la responsabilité » en Conseil des ministres. « Seule la justice dans ce pays est habilitée à décider ce qui relève d’une affaire, donc d’une instruction, d’une enquête. […] Jamais il n’est question d’enfreindre ou de gêner une quelconque procédure », a expliqué le chef de l'Etat à ses ministres, selon le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

La presse ne doit pas « devenir juge »

Pas de poursuite judiciaire, donc pas d’affaire. Et Christophe Castaner a ajouté, citant toujours le président : « Les choses ne vont pas forcément bien quand la presse devient juge ». C’est donc un soutien très net et affiché de la part d’Emmanuel Macron à Richard Ferrand, l’homme de confiance du président, son bras droit, le premier des marcheurs et le secrétaire général de La République en marche (LREM).

Alors que le nouveau président voulait une communication « jupitérienne », disait-il, c’est-à-dire une parole rare et surtout laisser la réponse sur ce type de dossiers au Premier ministre, il est descendu dans l’arène. C’est une première rupture après trois semaines de présidence, pour cette première affaire du mandat.

Mardi soir 30 mai, le Premier ministre Edouard Philippe a, lui, laissé aux électeurs le choix de décider de l'avenir de son ministre, candidat aux élections législatives, tout en lui réitérant sa confiance, et cela « malgré l’exaspération des Français ».

Législatives en toile de fond

Mais, partout ailleurs, de la gauche à l’extrême droite de l’échiquier politique, feu à volonté sur le ministre Ferrand. Les avdersaires de LREM n’ont pas raté cette occasion en or d’essayer de gripper la machine à gagner Macron pour grappiller quelques sièges aux législatives des 11 et 18 juin 2017.

Nathalie Kosciusko-Morizet a déclaré ce mercredi matin que Richard Ferrand devrait lui-même réclamer une enquête. « Il y a une accumulation de faits troublants. Alors, chacun a droit à la présomption d’innocence, bien sûr. (…) Richard Ferrand, c’est un homme-clé du dispositif d’Emmanuel Macron. […] Je trouve qu’il devrait lui-même réclamer une enquête », a-t-elle estimé.

En déplacement à Rouen, en Normandie, ce mercredi, François Baroin a, lui, jugé « insuffisantes » les réponses du gouvernement sur l'affaire Ferrand. Le chef de file de la droite pour les législatives demande à demi-mot la démission du ministre. « Ce n’est pas aux électeurs de trancher. Ce ne sont pas les électeurs qui sont les juges. […] L’ombre du soupçon pèse désormais. Richard Ferrand met en difficulté ce gouvernement provisoire […] Je pense que désormais le gouvernement doit prendre des décisions beaucoup plus radicales, s’il veut que la sincérité et la clarté pour cette fin de campagne législative soit le garant d’un choix clair pour les Français », a-t-il considéré.

Même Daniel Cohn-Bendit s’en est mêlé. « Il serait préférable qu’il protège Macron en démissionnant », a dit l’écologiste.

Pour rappel, le parquet de Brest a examiné les faits reprochés à Richard Ferrand et a décidé de ne pas ouvrir d'enquête sur ce dossier. Mais, selon un sondage, sept Français sur dix veulent la démission du ministre.

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