Législatives

Législatives 2017: abstention historique pour le premier tour

Environ un Français sur deux a boudé les urnes ce dimanche 11 juin.
Environ un Français sur deux a boudé les urnes ce dimanche 11 juin. REUTERS/Eric Gaillard

Si le premier tour des élections législatives a été marqué par une nette percée du parti La République en marche ainsi que par une débâcle historique du Parti socialiste, son enseignement majeur reste sans aucun doute le taux record de l’abstention. Un électeur français sur deux a boudé les urnes ce dimanche 11 juin.

Publicité

Effet d'essoufflement un mois après la présidentielle, victoire annoncée de La République en marche: l'abstention se situerait au-dessus des 50%, selon les estimations des instituts de sondage, et devrait être la plus élevée depuis 1958, lors des premières législatives de la Ve République.

Elle atteindrait 50% selon l'Ifop, 50,4% selon Elabe, 51% selon Kantar Sofres-onepoint, 51,2% selon Ipsos Sopra Steria: très au-delà du taux de 42,78% du premier tour de 2012, déjà historiquement élevé.

Elle peut s'expliquer par un effet d'essoufflement après les primaires de gauche et de droite et les deux tours de la présidentielle, le tout en moins de sept mois. Depuis l'entrée en vigueur en 2002 du quinquennat et la coïncidence entre scrutin présidentiel et législatives (le mandat des députés est également de cinq ans), les Français ont aussi tendance à donner mécaniquement une majorité au président tout juste élu.

Un désintérêt qui a également pu être amplifié cette année par la large victoire d'Emmanuel Macron, élu avec 66,10% des voix face à Marine Le Pen le 7 mai, grâce en partie au rejet du Front national mais pas toujours sur un vote d'adhésion.

« Signe d'une immense fatigue démocratique »

Son jeune mouvement semble se diriger vers une victoire écrasante et pourrait ravir avec son allié du MoDem 390 à 445 des 577 sièges de députés, à l'issue du second tour le 18 juin, selon les estimations. « Malgré l'abstention, le message des Français est sans ambiguïté », a estimé le Premier ministre Edouard Philippe au Havre.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, dont le parti s'est effondré dimanche à environ 10%, a vu pour sa part dans cette abstention « le signe d'une immense fatigue démocratique ». Le chef de file de la droite traditionnelle François Baroin - qui réussit à se stabiliser autour de 21% comme à la présidentielle - a lui appelé à la mobilisation pour éviter que les pouvoirs soient « concentrés » dans « un seul et même parti ».

La présidente du Front national, Marine Le Pen, arrivée en tête dans le Pas-de-Calais, a utilisé pour sa part le « taux d'abstention catastrophique » comme argument pour expliquer le score de son parti (de 13 à 14%, soit 1 à 10 sièges). Selon elle, cela « pose la question du mode de scrutin » majoritaire.

« L'immensité de l'abstention montre qu'il n'y a pas de majorité pour détruire le Code du travail », a jugé de son côté Jean-Luc Mélenchon qui, contrairement à la présidentielle, a immédiatement appelé ses électeurs à « ne jamais permettre l'élection d'un candidat Front national ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail