France

Affaire Grégory: l'oncle et la tante de Jean-Marie Villemin mis en examen

La maison de Jacqueline et Marcel Jacob, à Aumontzey dans les Vosges.
La maison de Jacqueline et Marcel Jacob, à Aumontzey dans les Vosges. RFI/Marine de la Moissonnière

Trente-deux ans après la mort du petit Grégory, retrouvé pieds et poings liés dans un cours d'eau des Vosges, le grand-oncle et la grand-tante de l'enfant ont été mis en examen ce vendredi 16 juin pour enlèvement et séquestration suivie de mort.

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C'est un spectaculaire rebondissement dans l'affaire Grégory. Jacqueline Jacob, 72 ans, et son mari Marcel, 71 ans, l'oncle et la tante de Jean-Marie Villemin, père de l'enfant assassiné en 1984, ont été mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivie de mort ».

Jacqueline Jacob a quitté le palais de justice de Dijon escortée de plusieurs gendarmes. Son époux a également été placé en détention provisoire. Le couple avait été placé en garde à vue mercredi 14 juin par les gendarmes, après avoir été interpellé dans les Vosges.

Dans une conférence de presse – sa deuxième en 24 heures –, le procureur général de Dijon a affirmé que ceux qui ont participé à l'enlèvement du garçonnet de quatre ans sont les auteurs du crime. « A l'évidence, Grégory a été enlevé du domicile de ses parents et retenu un certain temps jusqu'à sa mort », a déclaré Jean-Jacques Bosc.

Pour le procureur, les nouvelles expertises graphologiques des époux Jacob montrent des concordances avec des courriers envoyés aux parents de la victime. La justice soupçonne donc fortement les Jacob d’être les auteurs des nombreux courriers et appels anonymes, autrement dit d’être le fameux « corbeau ».

Le procureur rappelle l’ambiance qui régnait alors au sein de la famille. « Marcel Jacob dissimule contre l'évidence ses antagonismes parfois violents avec les parents de Grégory. Je cite simplement un incident lors d'une dispute entre Marcel Jacob et des membres de la famille Villemin. M. Jean-Marie Villemin est intervenu et Marcel Jacob lui a dit : "Je ne serre pas la main d'un chef". Et il a proféré un certain nombre d'injures à son égard. Le mot "chef" qu'il emploie à cette occasion se retrouve dans un certain nombre d'écrit, anonymes, qui sont incriminés. »

Dénégations

Le couple a pour le moment nié toute participation aux faits reprochés, a ajouté le procureur, mais il ne présente pas d'alibi qui soit confirmé ou étayé. Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, Jacqueline Jacob est restée mutique en garde à vue, tandis que son mari s'est contenté d'affirmer qu'il ne se souvenait de rien. « C'est criminel de jeter en pâture le nom d'un couple quand on n'a rien », a réagi l'avocat de ce dernier, Maître Stéphane Giuranna, qui a fait savoir qu'il allait rapidement demander « la nullité de la mise en examen » de son client qui, d'après lui, aurait dû seulement être placé sous le statut de témoin assisté. « On n'a aucun élément matériel, rien », a affirmé Me Giuranna.

L'enquête sur la mort du garçonnet de quatre ans, retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne en octobre 1984, a connu de multiples rebondissements sans pour autant aboutir. Elle a été relancée mercredi 14 juin avec le placement en garde à vue de trois membres de la famille : les époux Jacob et Ginette Villemin, la veuve de l'oncle de l'enfant, qui a été relâchée.

« Les investigations montrent que plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime », affirmait hier le procureur général de Dijon. Mais les enquêteurs demeurent prudents et se gardent bien de promettre un prochain débouché. « Je ne peux pas vous promettre que nous allons déboucher (...) Ce que je peux dire, c'est que nous avons avancé significativement », a déclaré devant la presse le colonel de gendarmerie Dominique Lambert, commandant de la section de recherche de Dijon qui dirige l'enquête.

→ (RE)LIRE : Retour sur 32 ans de mystères et de rebondissements

« Je ne crois pas qu'ils aient fait une chose pareille ! »

A Aumontzey, dans les Vosges, où vivent Jacqueline et Marcel Jacob, l'annonce de leur mise en examen est un choc. 

Ce n'est pas mon frère, la justice doit se tromper.

A Aumontzey, personne ne peut y croire

René Jacob, le frère de Marcel, ne croit pas à sa culpabilité.
René Jacob, le frère de Marcel, ne croit pas à sa culpabilité. RFI/Marine de la Moissonnière

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