France / Terrorisme

France: l'assaillant des Champs-Elysées, fiché S, détenait légalement une arme

Les pompiers en action sur les Champs-Elysées après l'attaque ratée d'Adam Dzaziri.
Les pompiers en action sur les Champs-Elysées après l'attaque ratée d'Adam Dzaziri. Reuters/Gonzalo Fuentes

Quatre membres de la famille de l’auteur de l’attentat raté sur les Champs-Elysées lundi après-midi, ont été placés en garde à vue. L’islamiste radicalisé ayant mené l'assaut est décédé des suites de ses blessures après avoir percuté un fourgon de la gendarmerie avec son véhicule qui s’est immédiatement embrasé. Adam Djaziri, 31 ans, était fiché S, on sait aujourd’hui qu’il bénéficiait d’un permis de détention d’arme.

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Y’a t-il eu une faille dans le système ? C’est en tous cas une question à laquelle doivent répondre les enquêteurs qui cherchent à comprendre cette nouvelle attaque contre les forces de l’ordre sur « la plus belle avenue du monde ». Repéré pour ses fréquents allers-retours en Turquie (pays de passage privilégié des jihadistes européens vers la Syrie),  l'homme était fiché « S, comme Sûreté de l’Etat » depuis deux ans.

L'homme pratiquait le tir sportif

Comme près de 150 000 personnes en France, l’assaillant bénéficiait non pas d’un permis de port d’arme, mais d’une autorisation à détenir une arme de catégorie B. Un droit réservé aux tireurs sportifs dont faisait partie Adam Djaziri ou accordé pour des « motifs de sécurité ». Le présumé terroriste disposait donc légalement du droit de posséder les deux 9 mm Sig-Sauer et Glock retrouvés dans son véhicule. Même chose pour le fusil d’assaut pourvu que ce dernier soit semi-automatique, autrement dit qu’il ne puisse pas tirer en rafales.

La Mégane bélier utilisée contre le fourgon des gendarmes mobiles lundi après-midi a pris feu quelques mètres après la percussion. A son bord, outre les armes, un stock de munitions et une bonbonne de gaz.

Comment un fiché S peut-il obtenir le droit d’être armé ?

Théoriquement, aucun fiché S pour « Sureté d’Etat » ne peut bénéficier de ce genre d’autorisation affirment les spécialistes, un prétexte est alors fourni aux demandeurs pour justifier l’avis défavorable.

Adam Djaziri a obtenu cette autorisation en 2012, soit trois ans avant d’être fiché par les services de sécurité. Mais comment a-t-il pu renouveler son autorisation cette année ? Selon une source proche du dossier, citée par nos confrères du Parisien, « les gendarmes se seraient adressés à la Direction générale de la sécurité intérieure qui a considéré qu’il n’était pas opportun de lui retirer la détention d’armes.  »

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