FRANCE

Calais: quand la police met la pression sur les migrants et les associations

Calais: les face-à-face quotidiens entre migrants et policiers qui tentent d'empêcher leur ravitaillement par les associations (juin 2017)
Calais: les face-à-face quotidiens entre migrants et policiers qui tentent d'empêcher leur ravitaillement par les associations (juin 2017) REUTERS/Pascal Rossignol
Texte par : RFI Suivre
3 mn

A Calais, environ cinq cents migrants tentent chaque nuit de passer en Angleterre. Huit mois après le démantèlement de la jungle et alors que l'été revient, ils sont plus nombreux chaque semaine. Et la tension avec les forces de l'ordre est palpable, quelques jours après la visite du ministre de l'Intérieur Gérard Colomb. Pour les associations, il est devenu difficile de travailler. Les distributions de nourriture sur la voie publique sont surveillées et parfois interrompues par la police. Reportage.

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Sur un terrain vague, la distribution de nourriture et de vêtements a débuté depuis une vingtaine de minutes quand plusieurs voitures de police s'arrêtent à côté. « On va mettre un périmètre de sécurité. C’est un contrôle de police », lance le policier.

C'est devenu le quotidien des migrants à Calais et des associations qui leur viennent en aide. Gaël Monzi est coordinateur d'Utopia 56. « On a une verbalisation pour non présentation d’une carte grise, qu’on devra présenter au commissariat. Donc, c’est une intimidation pure et dure. Encore une entrave à la distribution alimentaire comme tous les jours. On nous empêche de nourrir les gens pour qu’ils partent de Calais. Sous couvert que cela fait des points de fixation. Mais les gens ne viennent pas à Calais parce qu’on leur donne un repas, mais parce qu’ils ont une famille en Angleterre. C’est vraiment une honte ».

« Que me veut la police ? »

La trentaine d'Ethiopiens présents obtempère et se disperse dans le calme. L’un d’eux se plaint : « Tous les jours, ça se passe comme ça. L'autre jour, un copain s'est fait frapper. Il a eu des dents cassées. Moi, on m'a tapé sur la tête. Ils ont aussi pris mes vêtements et ma couverture »

« Si je vais à cet endroit, on me dégage, si je vais dans un autre, on me dégage à nouveau, renchérit un autre Ethiopien. Où suis-je censé aller ? Qu'est-ce que vous me voulez ? Je ne sais pas. Que me veut la police ? Je ne sais pas. Je pensais que ce pays c'était l'Europe. Je pensais que ce pays c'était la démocratie. »

Les Ethiopiens vont se poser quelques centaines de mètres plus loin et tenteront de dormir. Jusqu'au prochain contrôle.

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