France / Justice

Affaire Grégory Villemin: le juge Lambert retrouvé mort

Jean-Michel Lambert, juge d'instruction dans l'affaire Grégory Villemin, en 2014.
Jean-Michel Lambert, juge d'instruction dans l'affaire Grégory Villemin, en 2014. AFP/Jean-François Monier
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En France, Jean-Michel Lambert, premier juge d'instruction en charge de l'affaire Grégory Villlemin, a été retrouvé mort le 11 juillet à son domicile de la Sarthe. Les secours ont découvert son corps inanimé avec un sac plastique sur la tête. Sa mort intervient alors que l'affaire Grégory Villemin a connu un nouveau rebondissement il y a moins d'un mois, pratiquement 33 ans après l'assassinat de l'enfant. Le magistrat avait été critiqué à l'époque pour sa conduite de l'enquête.

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Le premier juge d'instruction dans l'affaire Grégory Villemin, Jean-Michel Lambert, 65 ans, a été retrouvé mort le 11 juillet à son domicile du Mans, un mois après la spectaculaire relance de cette affaire hors-norme et près de 33 ans après l'assassinat du garçon.

Le corps de l'ex-magistrat a été retrouvé dans son bureau avec un sac plastique noué sur la tête à l'aide d'un foulard. « Je suis catastrophé, c'est infiniment triste, a confié l'avocat des parents de Grégory Villemin, Me Thierry Moser. Je garderai de lui le souvenir d'un homme qui a été confronté à un dossier difficile, qu'il n'a pas su maîtriser et qui a été pris dans un vertige irrépressible. »

« Le petit juge »

Surnommé « le petit juge », Jean-Michel Lambert était juge d'instruction à Epinal lorsque le 16 octobre 1984, le cadavre de Grégory Villemin, quatre ans, avait été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne.

Propulsé sous les projecteurs, le magistrat avait révélé aux journalistes l'identité et la teneur des accusations portées par Murielle Bolle, 15 ans, qui venait de désigner au juge son beau-frère, Bernard Laroche, comme le ravisseur de Grégory Villemin.

Après la mort de Bernard Laroche, tué par le père de l'enfant, Jean-Marie Villemin, les soupçons du magistrat s'étaient tournés vers la propre mère de Grégory, Christine Villemin. La cour de cassation avait annulé la mise en accusation, avant que la chambre de l'instruction de Dijon ne rende en 1993 un arrêt de non-lieu pour absence de charges.

« Funambule de la pensée »

Entre-temps, l'instruction avait été reprise par un autre magistrat, le juge Maurice Simon, qui avait mis à mal toutes les thèses du « petit juge ». Les conclusions de cette instruction sont à nouveau exploitées par les enquêteurs aujourd'hui.

Les gendarmes tentent notamment de savoir dans quelles circonstances Murielle Bolle est revenue à l'époque sur ses aveux devant le juge Lambert. Fin juin, elle a été mise en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, avec deux autres suspects, Jacqueline et Marcel Jacob.

En 1993, au procès de Jean-Marie Villemin devant les assises de Dijon, Jean-Michel Lambert avait été sévèrement taclé par l'avocat général. Le représentant de l'accusation l'avait qualifié de « mémorable funambule de la pensée », dont il espérait qu'il avait « conscience des catastrophes dont il avait été indirectement la cause ».

(Avec agences)

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