France

France: la rentrée s'annonce morose au Parti socialiste

Le siège du Parti socialiste français, rue de Solférino, à Paris.
Le siège du Parti socialiste français, rue de Solférino, à Paris. Wikimedia

Après la défaite cinglante de Benoît Hamon au premier tour de la présidentielle et le résultat calamiteux aux législatives, l'avenir du Parti socialiste est plus que jamais incertain. Plus de leader, moins d'élus, moins d'argent, des militants désabusés, le PS est mal en point et n'a pas organisé d'université d'été à La Rochelle pour la deuxième année de suite mais une simple réunion des élus. Et les membres de la direction se retrouvent huis clos à Paris ce week-end pour chercher comment lancer la reconquête.

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« Je ne m’attendais pas à une telle catastrophe, je ne m’attendais pas à avoir un score aussi bas. » « Je pense que quel que soit le candidat du parti socialiste, on vaut largement plus que 6%. » « La défaite est d’abord dans le fait qu’on n’a pas su tous se rassembler derrière notre candidat. »

Ils n'ont toujours pas digéré l’échec historique de leur parti à la présidentielle. Pour ces militants parisiens rencontrés dans une des sections du XVIIIe arrondissement, Benoît Hamon n'était pas le bon candidat. Pour autant, ils ne jugent pas tous son départ du parti et la création de son « Mouvement du 1er juillet » comme une trahison : « Benoît Hamon n’est pas maso. Concrètement, vous allez quelque part, vous mangez des baffes, vous n’allez pas revenir et dire finalement, "c’était cool je vais rester". »

Le Parti socialiste se retrouve ainsi sans chef de file. Il n'a plus qu'une seule solution, celle de revenir aux fondamentaux, aux idées. Cette militante estime qu’il manque une force politique entre La République en marche d'Emmanuel Macron et la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon : « L’espace humaniste social-démocrate est vide, donc on espère que le PS va pouvoir être une génération montante, une génération qui nous recréée un idéal social-démocrate. »

Changements de fond ou ravalement de façade ?

Les cadres du parti se réunissent justement ce samedi pour tenter de redresser le parti, ou au moins de le rendre présentable pour la rentrée politique de la semaine prochaine.

Certains comme l'ancien ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, pensent en tout cas qu'il doit changer de nom pour rester compétitif dans le nouveau paysage politique. Et il suggère de l'appeler « Les Socialistes ». Mais le ravalement de façade sera-t-il suffisant pour relancer une machine politique à bout de souffle après deux débâcles électorales qui ont vidé ses caisses et pourraient lui imposer de vendre le siège de Solferino ? Pas si sûr...

Les cadres du parti qui n'ont pas quitté le navire, à la différence de Manuel Valls ou Benoît Hamon, vont s'atteler durant ce séminaire à passer en revue les recettes pour essayer de sortir du marasme. Et lui trouver une place sur l'échiquier entre la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et La République en marche d'Emmanuel Macron. Une question de fond qui sera au cœur du prochain congrès qui pourrait se tenir à partir de février 2018.

Signe de la crise, le PS n'a plus de chef naturel et le Premier secrétaire a cédé la place à une direction collégiale pléthorique. La question du leadership est donc elle aussi posée, au moment où François Hollande choisit de se faire à nouveau entendre.

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