France

Code du travail: le gouvernement dévoile sa réforme

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud à la sortie du Conseil des ministres, le 30 août 2017.
Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud à la sortie du Conseil des ministres, le 30 août 2017. REUTERS/Philippe Wojazer

Après près de cinquante réunions à huis clos avec les syndicats et le patronat depuis la fin juin, le gouvernement français présente ce jeudi 31 août le contenu des ordonnances réformant le Code du travail, projet phare d’Emmanuel Macron.

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Après plusieurs semaines de réunions entre les ministres et les partenaires sociaux, le gouvernement se veut confiant. Son porte-parole Christophe Castaner l'assure et le répète : les ordonnances présentées ce jeudi sont le fruit d'une vraie concertation. Autrement dit, l'exécutif n'a rien à se reprocher, le dialogue social a été respecté.

Autre argument mis en avant par l'Elysée pour montrer que sa méthode est la bonne : le soutien de l'Allemagne. Invité au Conseil des ministres, le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, a donné une très bonne note à Emmanuel Macron. « Je suis très impressionné par ce que je viens d’entendre pendant le Conseil des ministres concernant le programme de réformes qui a été préparé au cours de longues discussions et d’un long dialogue social. Ce programme, j’en suis convaincu, va vous aider à devenir plus fort dans le domaine économique et social », a assuré le ministre allemand des Affaires étrangères.

Patronat et syndicats, eux, attendent de voir. Ils ne connaissent pour l’instant que les grandes lignes de la réforme. Or, comme ils le répètent à tout crin ces derniers jours, « le diable se cache dans les détails ». C’est le cas par exemple pour la création d'un plafond et d'un plancher pour les indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif. Les deux camps y sont favorables sur le principe, mais tout va dépendre des montants et des dérogations décidés par le gouvernement. Autre inconnue, celle des moyens alloués à la nouvelle instance représentative du personnel, résultat de la fusion de trois organes existants.

La réforme doit aussi permettre aux entreprises de négocier directement dans certains cas avec les salariés en l'absence de délégué syndical. Les syndicats sont réticents : ils ne veulent pas être remplacés ou contournés.

Motifs de recours au CDD, CDI de chantier, articulation entre l’accord de branche et l’accord d'entreprise, la plupart des syndicats attendent des détails avant de se prononcer sur la réforme dans sa globalité, à l'exception de la CFE-CGC, opposée à la plupart des mesures. La CGT, elle, appelle d'ores et déjà à manifester le 12 septembre. La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon organise pour sa part une mobilisation le 23.


L'industrie face à la crise du recrutement

Objectif de la réforme du Code du travail : fluidifier le marché du travail, de faciliter les licenciements. Les entrepreneurs applaudissent, mais dans l'industrie, l'essentiel est ailleurs, disent les patrons de PME.

On est dans une phase de croissance importante et donc de recrutement, et c'est compliqué parce qu'on a un déficit d'ingénieurs. On a aussi du mal à recruter des techniciens de maintenance. Clairement, il y a un déficit d'offre de personnes compétentes en France.

Les patrons de l'industrie et la crise du recrutement

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