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Climat

L'ouragan José épargne Saint-Martin et Saint-Barthélemy, dévastées par Irma

Des épaves de bateaux à Marigot, sur l'île de Saint-Martin, après le passage de l'ouragan Irma. Le 9 septembre 2017.
Des épaves de bateaux à Marigot, sur l'île de Saint-Martin, après le passage de l'ouragan Irma. Le 9 septembre 2017. Martin BUREAU / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Saint-Martin et Saint-Barthélemy, deux îles des Antilles françaises déjà dévastées par le cyclone Irma, ont vu avec soulagement l'ouragan José, de catégorie 4, passer samedi 9 septembre plus loin que prévu. Les effets ont donc été nettement moins marqués, avec des vents soufflant en moyenne à 40 km/h.

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Le centre de José, ouragan de niveau 4 sur une échelle de 5, est passé à environ 135 km de Saint-Barthélemy et 125 km de Saint-Martin. Les deux îles des Antilles avaient été placées en vigilance maximale violette, synonyme de confinement total pour les habitants. Toutes les liaisons aériennes et maritimes ont été interrompues le temps du passage du cyclone dans la région.

« Du fait d'un passage plus lointain que prévu, les effets en cours sur le territoire sont nettement moins marqués », a fait savoir Météo-France, avec des vents soufflant en moyenne à 35-40 km/h et de 60 à 80 km/h en rafales. Les deux îles ont été épargnées, d'après les journalistes de l'AFP sur place. « Il n'y a même plus un nuage », selon l'une d'elles, confinée à Saint-Martin.

Aide et détachements de la gendarmerie

Sur les deux îles, tout est à reconstruire. Et dans ce paysage de ruines, les autorités doivent faire face à de nombreux problèmes immédiats : manque d'eau, de nourriture, absence d'électricité. Sur le plan sanitaire aussi la situation est délicate, car l'hôpital de Saint-Martin est lourdement endommagé.

Ces dernières heures, les rotations depuis la Guadeloupe s'intensifient. 1 000 tonnes d'eau, 85 tonnes de denrées alimentaires, 58 m3 de carburants ont déjà quitté Pointe à Pitre. Un gros porteur parti ce samedi de métropole pour renforcer les secours est arrivé en Martinique avec à son bord des militaires, un hélicoptère et du fret.

Mais le Premier ministre Edouard Philippe l'a admis : la distribution d'eau et de nourriture va se faire dans des conditions difficiles. L'eau et la nourriture, « acheminées sur place et stockées », doivent « désormais être distribuées à la population dans des conditions difficiles », avec un « quadrillage » du territoire, relate le Premier ministre français après une réunion de crise à l'Elysée samedi soir. Enjeu sanitaire essentiel, précise Edouard Philippe : l'acheminement des médicaments.

« Il y a onze pharmacies sur l'île (de Saint-Martin, NDLR), huit ont été détruites et les autres ont été pillées. Nous devons donc acheminer rapidement des médicaments indispensables, plaide le chef du gouvernement. Je pense à l'insuline pour les diabétiques ; je pense aux sérums anti-tétaniques pour tous ceux qui, blessés, vont devoir rester sur place pendant quelque temps. » L'acheminement, effectué depuis la Guadeloupe, devait reprendre ce dimanche après le passage de José.

Sécuriser l'île

Pour l'heure, sur l'île, les forces de l'ordre n'arrivent pas à sécuriser tous les quartiers. Ces derniers jours, le chaos a profité aux pilleurs : il y a eu 11 interpellations, selon le ministère de l'Intérieur. « Conscient de la peur, de l'épuisement et de l'angoisse » sur place, Edouard Philippe a fait part de la « mobilisation totale de l'Etat ».

A Saint-Martin, un couvre-feu est en vigueur jusqu'à mercredi. Les effectifs de police vont aussi être doublés : outre les 410 gendarmes et 80 policiers déjà sur place, trois escadrons de gendarmerie mobile seront déployés dès lundi.

Le Premier ministre en a profité pour évoquer la situation de la prison de Saint-Martin. « L'information selon laquelle l'établissement pénitencier de Saint-Martin aurait été détruit et aurait connu un certain nombre d'évasions n'a pas été confirmée et l'information n'est pas avérée par les autorités néerlandaises », a-t-il assuré.

Outre les 410 gendarmes et 80 policiers notamment déjà sur place, trois escadrons de gendarmerie mobile, soit « 240 gendarmes supplémentaires », vont ainsi être déployés dans les deux îles, a-t-il déclaré. Deux seront « opérationnels lundi ». Le dispositif sera complété rapidement par des moyens militaires.

Des évasions à la prison de Saint-Martin ?

Pour rappel, Saint-Martin a été détruite à 95 % par Irma. Une interdiction de circulation s'apparentant à un couvre-feu est instaurée sur place entre 19 h et 7 h jusqu'à mercredi. Un premier coût des dommages a été évalué samedi à 1,2 milliard d'euros par la Caisse centrale de réassurance (CCR).

De son côté, Irma poursuit d'ailleurs sa route vers les Etats-Unis et provoque de graves inondations sur son passage, et notamment à Cuba. De fortes inondations côtières étaient en cours dimanche matin (TU) sur le littoral nord-ouest, jusqu'à La Havane. La mer a pénétré sur quelque 250 mètres à l'intérieur de la capitale, avec des vagues de six à neuf mètres.

La violence des rafales de vent a arraché quantité d'arbres et abattu les poteaux électriques. L'électricité a été coupée dans cinq provinces. Les premiers bilans font état de dégâts matériels très importants, mais aucun décès n'a été recensé officiellement sur l'île.

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