France

Sénatoriales: malgré l’échec, LREM reste axée sur la réforme des institutions

Certaines annonces gouvernementales comme la réduction des budgets des collectivités n'ont pas aidé à séduire les élus locaux.
Certaines annonces gouvernementales comme la réduction des budgets des collectivités n'ont pas aidé à séduire les élus locaux. Reuters/Charles Platiau/File Photo
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les sénatoriales, dernier scrutin d'une année électorale chargée, ont offert à la République en Marche son premier échec. Les Républicains conservent la majorité à la Chambre basse. Le parti présidentiel attribue son revers au mode de scrutin et affirme sa volonté de réformer quand même les institutions de la Ve République.

Publicité

« Ceux qui ont voté sont ceux qui ont été élus en 2014 et 2015 à un moment où la République en Marche n'existait pas. Ils représentent les anciens partis et ils ont voté pour les candidats des anciens partis », affirme sur BFMTV Christophe Castaner, qui parle « d’échec attendu ». « Le collège électoral pour le Sénat a été constitué par les élections locales de 2014 et 2015. La République en marche n'existait pas », renchérit de concert son collègue Benjamin Griveaux sur RTL. C’est ainsi que les responsables du parti présidentiel tentent de justifier leur résultat très décevant aux sénatoriales, où leur groupe perd un siège, à 28 élus.

Les Républicains grands gagnants

Il est vrai que ce sont les grands électeurs qui ont voté. Mais il parait clair aussi que certaines annonces gouvernementales comme la réduction des budgets des collectivités n'ont pas aidé à séduire les élus locaux. Résultat, ce sont les Républicains qui tirent leur épingle du jeu et gagnent 17 sièges, pour atteindre les 159 sénateurs. Première bonne nouvelle pour le parti depuis la présidentielle. Les socialistes ne perdent que cinq sièges et en gardent 81. Les communistes perdent également six places, mais conservent un groupe de 12 élus.

La première conséquence de ces votes, c'est que le président de la République ne dispose pas de la majorité des trois cinquièmes au Parlement - Assemblée plus Sénat - nécessaire pour faire passer la réforme constitutionnelle qu'il a promise et qui prévoit notamment la réduction du nombre de parlementaires. Il lui aurait fallu au moins 160 sénateurs. Il n'en a que 28.

LREM n'abandonne pas ses réformes des institutions

Du coup, il va devoir trouver d’autres solutions. D’après le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, Emmanuel Macron « assume » la possibilité « d’aller au référendum ». Des déclarations nuancées par le secrétaire d’Etat Benjamin Grivaux, qui « ne sait pas » si le Président « envisage aujourd’hui » d’y recourir.

Il rappelle en revanche que « si on veut baisser le nombre de parlementaires, on n'est pas obligé de passer par une révision constitutionnelle, on peut passer par la loi. Donc nous verrons ce qui est de l'ordre du faisable ». En effet, la Constitution mentionne juste que le nombre de députés « ne peut excéder 577 » et que le nombre de sénateurs « ne peut excéder 348 » soit le nombre actuel de parlementaires nationaux. Elle commande également que « les lois organiques relatives au Sénat doivent être votées dans les mêmes termes par les deux assemblées ».

En revanche, pour limiter les mandats dans le temps et introduire une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale, comme le souhaite Emmanuel Macron, il faut obligatoirement négocier. Le secrétaire d’Etat s’affiche certain qu’au Sénat, il est possible de constituer « des majorités de projet », de convaincre « des personnes qui ne sont pas estampillées » de voter en leur faveur. Sauf que, derrière la confiance de façade, il est difficile de prévoir comment les élus vont prendre position.

(avec agences)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail