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France / Justice

Etrangers jugés à Roissy: les opposants dénoncent «une justice d’exception»

Une annexe du tribunal de Bobigny à Roissy.
Une annexe du tribunal de Bobigny à Roissy. AFP PHOTO / ALIX RIJCKAER
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le tribunal de Bobigny ouvre une annexe à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, juste à côté de la zone de rétention pour les étrangers refusés sur le sol français. Ce qui fait polémique, c’est que ce tribunal va juger essentiellement des étrangers en voie d’expulsion. Objectif : accélérer leur retour dans leurs pays d’origine.

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Au bord du tarmac de l'aéroport de Roissy, le tribunal est bien caché. Il n'est signalé que par un seul panneau et ne figure sur aucune carte. Ses audiences sont pourtant publiques.

Alors que des associations et des avocats se mobilisent contre l’ouverture de cette structure, bien décidés à ce que l’Etat recule, la ministre de la Justice Nicole Belloubet n’a pas l’intention de revenir sur la date du 26 octobre, choisie pour l’inauguration.

De toute façon, des « audiences test » comme les appellent les juges, ont déjà commencé. Ce mercredi, une quinzaine de cas passent à la suite dans une salle d’audience minimaliste. D'une soixantaine de mètres carrés, elle ressemble au mieux à un grand bureau.

« Mainmise du ministère de l'Intérieur »

Ce mercredi, associatifs et avocats se sont une nouvelle fois rassemblés sur place. Sur le parking du bâtiment, l’avocate Laurence Roques est en colère. Venue avec des militants associatifs et des syndicalistes, elle dénonce « une justice d’exception, une justice cachée » dans laquelle elle « voit la mainmise du ministère de l’Intérieur ».

Pour le porte-parole du ministère de la Justice, Youssef Badr, ce tribunal annexe répond simplement à des questions logistiques. Il relève « avant tout [d’un] impératif de dignité et d’humanité. Les personnes étrangères sont conduites actuellement sous escorte au tribunal de grande instance de Bobigny, assez tôt le matin, où elles attendent dans des conditions déplorables », explique l’ancien magistrat, nommé deux jours plus tôt à ce poste.

« Une collusion entre la Justice et une autorité policière »

Certains de ses anciens collègues dénoncent pourtant avec virulence la mise en place de cette annexe, à l’instar de Laurence Blisson du Syndicat de la Magistrature, plutôt classé à gauche. Elle reproche « une confusion, une collusion entre la justice et une autorité policière », alors même que « le tribunal doit être un lieu neutre ». Le défenseur des droits, Jacques Toubon, a également rendu un avis défavorable à l’ouverture du lieu, dont il demande le report.

Chaque année, 6 000 étrangers transitent par la zone de rétention de l'aéroport.

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