France

Loi sur le harcèlement de rue : pas d'unanimité à l'Assemblée nationale

Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes.
Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes. Bertrand Guay/AFP

Ces derniers jours, les femmes ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour raconter les violences sexistes dont elles avaient été victimes. Dans la foulée, Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes a fait savoir qu'elle allait présenter un projet de loi contre les violences sexuelles d'ici le début 2018. Parmi les propositions envisagées, la hausse de dix ans du délai de prescription pour les crimes sexuels commis sur les mineurs. Le texte devrait également légiférer sur le harcèlement de rue.

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La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes envisage une verbalisation du harcèlement de rue et la mesure ne fait pas l'unanimité dans la classe politique. Marlène Schiappa veut « lancer le débat », inviter les députés à définir les contours du harcèlement.

Où se situe la limite ? « Ça commence où ? », demande Claude Goasguen, député Les Républicains. La réponse n'est pas évidente. Sophie Auconie, députée du groupe les Constructifs est moins hésitante: « C'est lorsque que vous êtes dans un lieu public et qu'une personne vous aborde, ça, ça s'appelle de la séduction. Sauf que, quand je dis que je veux pas donner suite à cette attitude, alors ils doivent s'arrêter, et s'ils ne s'arrêtent pas, c'est là que commence le harcèlement de rue, qui doit être sanctionné ».

En guise de sanction, la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes envisage la verbalisation des harceleurs par la police. Une proposition qui laisse la députée socialiste Valérie Rabault dubitative : « Le problème, c'est s'il n'y a pas de témoins, si c'est pas un flagrant délit, c'est là la difficulté. Et là c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre. C'est rare de se faire prendre en flagrant délit dans ce type de situation».

Pour être efficace, il faudrait plus de policiers, relève Julien Aubert. Le député Les Républicains estime que la mesure est donc inapplicable : « Nous n'avons pas les moyens de mettre derrière chaque harceleur, un policier ». Le député LR est en revanche favorable à la prévention dès le plus jeune âge... avec une sensibilisation aux questions d'égalité homme femmes dès l'école primaire.

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