France / Nucléaire

France: Greenpeace s'introduit sur le site d’une centrale nucléaire en Ardèche

Un membre de Greenpeace escalade un bâtiment «accolé» à l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse. L'action a commencé à 6h20, ce mardi 28 novembre 2017.
Un membre de Greenpeace escalade un bâtiment «accolé» à l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse. L'action a commencé à 6h20, ce mardi 28 novembre 2017. Greenpeace / AFP

Ce mardi matin 28 novembre, un groupe de 22 militants de Greenpeace s'est introduit dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche. L'objectif étant de montrer la vulnérabilité de certains bâtiments, moins bien protégés que les réacteurs, mais tout aussi dangereux, selon Greenpeace. EDF a de son côté assuré que cette intrusion n'avait aucun impact sur la sûreté des installations.

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C'est au petit jour, mardi matin, qu'une vingtaine de militants pénètre sur le site de production nucléaire de Cruas-Meysse. Immédiatement, le groupe se divise. Certains laissent leurs empreintes de mains à la peinture sur l’un des bâtiments accolés à la centrale. D'autres se suspendent à un bâtiment abritant une piscine de combustible usagé et allument des fumigènes.

Alix Mazounie, chargée des questions d'énergie à Greenpeace France, voit cela comme une défaillance de sécurité. « Cette piscine contient d’énormes quantités de matière radioactive, mais ces bâtiments ne sont pas protégés comme il faudrait face à d’éventuelles attaques extérieures. A la différence des réacteurs qui sont placés sous une coque de confinement, les piscines, elles, sont situées dans un bâtiment beaucoup plus classique. L’équivalent d’un hangar agricole », explique-t-elle.

Un hangar tout de même construit en béton renforcé, mais moins épais que dans d'autres bâtiments à risque.

Selon Greenpeace, la gendarmerie mettra un quart d'heure à intervenir. Un délai bien trop long s'il s'était agi d'individus mal intentionnés, critique là encore Alix Mazounie de Greenpeace.

« Entre le moment où Greenpeace a pénétré sur le site et le moment où EDF a détecté la présence de Greenpeace sur le site, il s’est passé 13 minutes. En ce temps, si ce n’était pas Greenpeace, mais d’autres groupes avec d’autres intentions, les choses auraient pu se passer très différemment », dit-elle.

Mais de l'avis de certains ingénieurs nucléaires, 13 minutes, cela reste très court pour endommager un bâtiment. D'autant que si ces militants n'avaient pas été identifiés comme tels, la réponse apportée à cette intrusion aurait pu être plus forte.

Mais forte de sa démonstration, Greenpeace demande à ce que les piscines des centrales, où sont entreposés les combustibles usagés, dangereux, soient plus sécurisées. Notamment en renforçant la structure de leurs bâtiments de protection.

Pour l'instant EDF a répondu en portant plainte. Une enquête judiciaire est en cours.

(Re) lire : Le parc nucléaire face au risque terroriste, un rapport alarmant de Greenpeace

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