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France

France: les associations s'inquiètent du «tri» des migrants en centres d’urgence

Un centre d'hébergement d'urgence, dans le 12è arrondissement de Paris, en France, le 6 décembre 2017.
Un centre d'hébergement d'urgence, dans le 12è arrondissement de Paris, en France, le 6 décembre 2017. PATRICK KOVARIK / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le gouvernement français a décidé de mettre en place des équipes mobiles, constituées d'agents de l'Office français de l'immigration et de l'Intégration et des Préfectures pour examiner la situation administrative des étrangers dans les centres d'hébergement d'urgence. Si, pour les autorités, il n'est pas question d'interpeller les migrants en situation irrégulière (sous statut Dublin) ou déboutés du droit l'asile sur les lieux d'hébergement, les associations de lutte contre l'exclusion s'inquiètent.

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Reçus vendredi 8 décembre au ministère de l'Intérieur, plusieurs grands acteurs de l'accueil des migrants, dont la Cimade et Médecins du Monde, ont quitté la réunion. Une réaction aux explications de Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, à propos de l’envoi « d’équipes mobiles » dans les centres d'hébergement d'urgence, pour procéder à un recensement.

Pour le gouvernement, l'idée est de savoir qui exactement est hébergé dans ces centres saturés, afin de sortir ceux qui relèvent d'autres structures et libérer des places pour les sans-abri. Les étrangers aux statuts variés sont particulièrement visés.

L'accueil des « dublinés » en question

Les demandeurs d'asile et les réfugiés peuvent certes espérer une amélioration de leur sort, puisqu’ils sont la priorité affichée de la politique d'accueil du chef de l'Etat. Mais la question se complique pour les déboutés et les « dublinés », ces migrants enregistrés dans un autre pays européen, censé traiter leur dossier. Pour eux, Emmanuel Macron a été clair, il souhaite que la France reconduise « de manière intraitable celles et ceux qui n'ont pas de titre » de séjour.

Interrogé par RFI, Yannick Le Bihan, directeur des opérations France de Médecins du Monde le rappelle : « le gouvernement a clairement dit qu’il allait mettre en œuvre toute une série de dispositions pour faire retourner les personnes qui sont sous mandat Dublin vers les pays d’Europe par lesquels ils sont rentrés, ou les rapatrier sur leur territoire d’origine. On sent que c’est vraiment une volonté forte ».

« l’accueil de toute personne est inconditionnel dans des situations d’urgence »

Dans cette optique, recenser est logique. Une expérimentation d'équipes mobiles a déjà lieu depuis quelques semaines en Ile-de-France. Le ministère de l'Intérieur, assure que « les équipes mobiles ne comprendront pas de forces de l'ordre » et qu'il « n'y aura pas de prise d'empreintes » mais des « entretiens » avec les personnes hébergées. D'ailleurs, « possiblement, les gens qui remplissent les critères de régularisation devront être régularisés ».

Yannick Le Bihan craint pourtant un « tri dans les centres d’urgence », qui serait « contraire à l’éthique et au principe de ces centres ». Il rappelle que « l’accueil de toute personne est inconditionnel dans des situations d’urgence, qu’il n’y a pas de question de tri. C’est une question humanitaire de protéger les gens. Toute personne, homme, femme, enfant, a droit à cet hébergement d’urgence. Les services de police ne peuvent pas intervenir dans ces centres d’urgence, en dehors d’une décision de justice ». Médecins du Monde a particulièrement peur d’une précarisation accrue des étrangers qui « n’auront plus confiance dans les dispositifs d’accueil, ne viendront plus, se cacheront et resteront invisibles ».

Une circulaire devrait être publiée d'ici le 10 décembre pour spécifier le fonctionnement et le rôle de ces équipes mobiles. Elle pourra se lire comme le pendant d'une autre circulaire, datée du 20 novembre et qui demande aux préfets de « renforcer » leur lutte contre l'immigration irrégulière à partir des centres dédiés aux migrants.

Avec AFP

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