France

Santé: le passage à 11 vaccins obligatoires face à la défiance des Français

Une infirmière vaccine un patient. (Photo d'illustration)
Une infirmière vaccine un patient. (Photo d'illustration) REUTERS/Eric Gaillard

En France, dans le domaine de la santé, une décision des autorités, entérinée par le Parlement, a fait couler beaucoup d’encre en 2017 : le nombre de vaccins obligatoires va passer de trois à onze, en France, pour les bébés qui vont naître à partir du 1er janvier 2018. Sans ces vaccins, ils ne pourront pas être accueillis dans un établissement collectif, type crèche ou école. Ces décisions heurtent une partie de la population.

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En juillet dernier, le Premier ministre convoquait Louis Pasteur pour justifier cette décision. « Des maladies que l’on croyait éradiquées se développent à nouveau sur notre territoire, dit alors Edouard Philippe, des enfants meurent de la rougeole en France. Dans la patrie de Pasteur, ce n’est pas admissible ».

Aux trois vaccins infantiles déjà obligatoires, contre la diphtérie, le tétanos et la polio, vont donc s’ajouter huit vaccins, jusqu’alors seulement recommandés : contre la rougeole, la coqueluche, l’hépatite B, notamment.

Pour les autorités, c’est une réponse à la résurgence d’épidémies dues à une couverture vaccinale insuffisante. Ainsi, on dénombre 24 000 cas de rougeole depuis 2008, dont 1 500 cas graves, et dix décès.

Et les autorités de rappeler que la vaccination a aussi un bénéfice collectif, en protégeant ceux qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas être vaccinés.

Quatre Français sur dix pensent que les vaccins ne sont pas sûrs

Pour certains opposants à cette obligation, c’est une décision paternaliste, qui déresponsabilise les individus., et qui ne répond pas aux questions d’une partie de la population.

Quatre Français sur dix pensent que les vaccins ne sont pas sûrs. En cause, notamment, l’adjuvant à l’aluminium, qui sert à booster la réponse du système immunitaire.

Pour les 200 grands noms de la médecine française qui ont signé une pétition en faveur de l’obligation vaccinale, il n’y a pas de doute à avoir.

Reste à convaincre, autrement que par la contrainte. Justement, une campagne d’information sur la vaccination va avoir lieu en 2018 auprès des professions médicales et du grand public, selon la ministre de la santé Agnès Buzyn. Affaire à suivre.

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