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France: onze vaccins désormais obligatoires pour les enfants

Jusqu'à présent seuls trois vaccins étaient obligatoires en France.
Jusqu'à présent seuls trois vaccins étaient obligatoires en France. Getty Images/ ERproductions Ltd

Jusqu'à présent en France, il y avait trois vaccins obligatoires et huit recommandés contre la diphtérie, le tétanos et la polio. A compter de ce 1er janvier, ils sont tous obligatoires, contre la rougeole et l’hépatite B notamment. Cette mesure souhaitée par le gouvernement et votée par le Parlement fin 2017 ne fait pas l’unanimité.

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Les inquiétudes soulevées dans l'opinion publique font douter les parents de l'utilité d'administrer onze vaccins aux enfants. Face à cette défiance, l'Inserm a publié une mise au point et organise des conférences pour informer sur l'utilité de la vaccination.

Le professeur Alain Fischer, pédiatre immunologiste et coordinateur de la Concertation citoyenne sur la vaccination, les rassure. « Trois de ces vaccins étaient obligatoires : diphtérie, tétanos, polio. Huit autres étaient recommandés. Ces huit vaccins recommandés sont largement aussi utiles que les trois vaccins obligatoires, assure-t-il. Donc le seul changement, c’est que les onze sont obligatoires maintenant. Et donc un nourrisson qui était en 2017 vacciné complètement recevait autant d’injections de vaccins que ceux qui seront vaccinés sous un mode obligatoire en 2018 et au-delà. »

Mais, la présence d'aluminium dans certains vaccins suscite l'inquiétude des parents. Selon Liliane Keros, de l'Académie nationale de pharmacie les doses minimes d'aluminium dans six vaccins ne représentent pas de danger. « Elles sont extrêmement faibles », rappelle-t-elle.

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Reste à voir maintenant si cette obligation vaccinale sera suivie ou pas. Car aux yeux de certains opposants, cette extension de l’obligation relève du paternalisme. Pour Michèle Rivasi, députée européenne d’Europe Ecologie-Les Verts, la pédagogie auprès des parents reste préférable à la coercition. « Si l’on veut avoir une société mature, il ne faut pas les infantiliser avec une mesure autoritaire. Il faut faire de la pédagogie, estime-t-elle. C’est comme ça qu’on aura une société responsable. Sinon, cela veut dire qu’on est dans un système soviétique. »

Mais pour le Dr Daniel Lévy-Bruhl, de l’agence Santé publique France, l’exemple de la rougeole montre que la pédagogie n'est pas suffisante. « La couverture vaccinale stagne à 90%, ce n’est pas assez, alerte-t-il. Nous avons besoin de 95% au moins d’enfants vaccinés pour faire disparaître cette maladie et nous avons observé au début des années 2000 une épidémie de rougeole avec plusieurs dizaines de milliers de cas en France et dix personnes décédées. Et parmi ces dix décès, sept étaient des sujets immunodéprimés. Cela veut dire que ces sujets sont morts parce qu’autour d’eux il y avait des sujets non vaccinés qui les ont contaminés. En effet, les sujets immunodéprimés ne peuvent pas se vacciner et la seule protection que nous pouvons collectivement leur offrir, c’est qu’il n’y ait personne autour d’eux qui contracte la rougeole pour les contaminer. »

Les autorités insistent sur le bénéfice collectif de la vaccination, qui permet de protéger les plus fragiles.

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