France

Calais: un face-à-face abrupt entre Macron et associations d'aide aux migrants

Le président Macron a rencontré les responsables d'associations d'aide aux réfugiés, à la sous-préfecture de Calais, le 16 janvier 2018.
Le président Macron a rencontré les responsables d'associations d'aide aux réfugiés, à la sous-préfecture de Calais, le 16 janvier 2018. Denis Charlet / POOL / AFP

Entre les associations d’aide aux migrants et Emmanuel Macron, les relations ne sont pas au beau fixe. En se rendant à Calais ce 16 janvier, le chef de l’Etat a essayé de répondre à certaines de leurs critiques et a organisé en fin de journée une rencontre pour se dire les choses en face.

Publicité

Avec notre envoyée spéciale à Calais,  Valérie Gas

Certaines associations d’aide aux migrants ont préféré ne pas venir : Utopia 56 et l’Auberge des migrants avaient annoncé dès la veille qu’elles n’enverraient personne. Au dernier moment, après les discours d’Emmanuel Macron, Médecins du monde a pris la même décision.

Migrants: à Calais, Macron affiche son soutien aux forces de l’ordre

Et c’est par la voix du représentant d’Human Rights Watch que le sujet de ces défections a été abordé :

« Cela montre très clairement qu'il y a un malaise, une tension comme vous l'avez souligné...», commence le porte-parole, coupé par le chef de l'Etat : « C'est dur de dialoguer avec quelqu'un qui n'est pas là. Les gens qui ont fait le choix de ne pas être là, ils font le choix de ne pas dialoguer. »

Emmanuel Macron ne veut pas endosser la responsabilité de ce rendez-vous manqué. L’une des explications au malaise, c’est la circulaire qui autorise des agents préfectoraux à recenser les migrants dans les centres d’accueil. Pour le représentant du Secours catholique, c’est inacceptable :

« Cette loi que vous souhaitez, interpelle-t-il, cette circulaire qui piétine la sacralité de l'accueil, tout cela n'est pas mené en notre nom. »

Mais Emmanuel Macron riposte avec une pointe d’énervement : « Les gens qui parlent de rafles, les gens qui parlent de police sont mensongers et indignes du débat. »

A la une: «Migrants, bienvenue au pays des droits de l’homme…»

Le face-à-face a duré près de deux heures. Et pour le représentant de l’association Salam, « c'est quand même peut-être l'occasion pour le mouvement associatif de travailler ensemble, parce qu'en face de nous on a un président qui a mûri son projet. Et bien nous, il faut qu'on soit collectivement forts pour amender certains points de vue ».

Le débat sur la loi asile et immigration n’est pas fini.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail