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France

France: la fondation Abbé-Pierre pointe les dangers des logements surpeuplés

Une barre de logements à Sarcelles, dans la banlieue nord de Paris, en février 2016.
Une barre de logements à Sarcelles, dans la banlieue nord de Paris, en février 2016. JOEL SAGET / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La Fondation Abbé Pierre présente ce mardi 30 janvier son 23ème rapport sur le mal-logement. Cette année, l'association a décidé de mettre l’accent sur le phénomène du surpeuplement. En diminution pendant plusieurs décennies, il s'étend de nouveau ces dernières années et touche 8,6 millions de personnes en France, surtout dans les grandes villes: Paris, Lyon, Marseille.

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Ils vivent à plusieurs dans des espaces totalement inadaptés à la taille de leur famille: chambres de service, chambres d'hôtel, petits appartements. 2,7 millions de ménages connaissent  le surpeuplement. Et depuis 2006 leur nombre ne cesse d’augmenter. A l'époque, près de 800 000 personnes étaient concernées par « le surpeuplement accentué », la forme la plus grave de ce phénomène qui définit la situation où il manque à la famille au moins deux pièces pour vivre correctement. En 2013, les personnes en surpeuplement accentué  étaient déjà 934 000, ce qui signifie une hausse de plus de 17 %.

Qui est concerné par le surpeuplement ?

Ce retour inquiétant du surpeuplement ne concerne pas tout le monde. Comme le précise le rapport de la Fondation Abbé Pierre, il touche avant tout les ménages à bas revenus, pour lesquels les prix de l’immobilier et notamment les prix des loyers sont devenus insoutenables. Il s'explique donc par la précarisation des couches populaires survenue après la crise économique de 2008 et le marché du logement en grande tension dans beaucoup de régions de France.

Le surpeuplement frappe aussi des couples divorcés ou séparés qui partagent la garde de leurs enfants et qui peuvent connaître ce que Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre appelle « le surpeuplement à temps partiel ». Une autre catégorie de personnes est également exposée au risque de surpeuplement : les migrants qui disposent de petits revenus et qui à cause de leur statut administratif souvent précaire n'ont pas accès aux logements sociaux.

Conséquences sur la vie des personnes et  des familles

Lorsque l'on vit en surnombre dans son logement, tout devient très compliqué: dormir, se laver, ranger,  préparer et partager un repas en famille. Il est impossible de s'isoler, d'avoir un peu d''intimité, d'inviter des amis à la maison, Le surpeuplement génère un grand stress, des frustrations, des tensions et des violences familiales. Il favorise la transmission des maladies contagieuses, il peut être à l'origine de pathologies respiratoires et dermatologiques.

Le surpeuplement et les enfants

Selon la Fondation Abbé Pierre, plus de 300 000 enfants sont aujourd'hui confrontés à des situations de surpeuplement accentué. Et les effets délétères de cet état de choses se font sentir dès le plus jeune âge. Les petits sont freinés dans leur développement psychomoteur par le manque d'espace. La promiscuité et le défaut de sommeil peuvent aussi provoquer chez eux  des retards de développement cognitif et comportemental.

Le surpeuplement pèse aussi lourdement sur la scolarité des enfants plus grands, qui n’ont pas de place pour faire leurs devoirs, qui n’arrivent pas à se concentrer et à se reposer. Une récente étude de l’OFCE (L’Observatoire français des conjonctures économiques), cité par la Fondation Abbé Pierre, affirme qu’un élève occupant un logement surpeuplé a 40 % de risques supplémentaires d’avoir une année de retard scolaire entre 11 et 15 ans.

Sortir du déni et chercher des solutions

Le surpeuplement est donc un problème social et sanitaire grave. Pourtant il semble  totalement sous-estimé par les pouvoirs publics. « On observe en effet  une certaine tolérance à l'égard de ce phénomène », écrivent les auteurs du rapport qui en appellent à ce que l'on finisse avec le déni et que l'on change de regard sur le surpeuplement. Et pour  combattre ce mal – soulignent-ils –   toutes les  familles en situation de surpeuplement  devraient bénéficier de ce qu'elles n'ont pas aujourd'hui : l'accès prioritaire à un logement social.

Il faudrait aussi faciliter la mobilité des personnes qui habitent dans les HLM. De nombreuses personnes occupent aujourd'hui des appartements qui après le départ de leurs enfants sont devenus trop grands pour elles. Toutes ne souhaitent pas forcément déménager dans un logement plus petit, mais celles qui le demandent attendent en moyenne 5 ans avant d'avoir une réponse.

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