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Soja / France

France: le lent redémarrage de la filière soja

Des plants de soja transgénique avant leur destruction le 26 août 2000 à Charleval, en Normandie.
Des plants de soja transgénique avant leur destruction le 26 août 2000 à Charleval, en Normandie. BORIS HORVAT / AFP
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En important son soja d’Amérique du Sud pour nourrir ses animaux, la France participe à la déforestation, selon le rapport de l’ONG Mighty Earth. Mais a-t-elle la possibilité de s’approvisionner localement ? Le soja d’origine France existe, mais les quantités produites sont encore limitées.

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La production française ne couvre encore qu’une infime partie de la demande nationale, mais elle est en plein redémarrage : la surface cultivée est passée de 28 000 hectares en 2008 à 147 000 hectares aujourd’hui. En 2025, Terres Univia, l’Interprofession des huiles et protéines végétales créée en 2016 pour restructurer la filière vise les 250 000 hectares.

« En 2017, nous avons produit 410 000 tonnes de soja en France. Bien loin encore des 3 à 3,5 millions de tonnes de tourteaux [résidu obtenu après extraction de l’huile d’une graine de soja] qu’on importe chaque année », consent Françoise Labalette, ingénieure chez Terres Univia.

Cette production, exigeante en chaleur et en eau, s’ancre principalement dans le Sud-Ouest, dans la vallée du Rhône et jusqu’en Alsace. Sur un marché dominé par les États-Unis et l’Amérique latine, la filière française se démarque. Ici, conformément à la réglementation européenne et à la loi française, le soja est non-OGM.

Manque d’aides de l’État ?

La renaissance récente du soja français est moins due au soutien des pouvoirs publics qu’à une forte demande. « La filière est relativement peu ciblée par les aides de l’État, estime Françoise Labalette. Le soja est le moins bien loti du Plan protéines français. Il bénéficie d’une toute petite enveloppe d’accompagnement qui a très vite été consommée. La preuve : cette année, les producteurs vont toucher seulement 40 euros par hectare de soja cultivé ».

Heureusement, la demande en non-OGM est soutenue. Elle représente 10% à 15% de la demande totale, selon Terres Univia, qui prévoit une évolution positive les prochaines années.

« Les cahiers des charges évoluent sous la pression des consommateurs français et d’autres pays européens. En Allemagne, quasiment toute la filière laitière s’appuie désormais sur des vaches nourries sans OGM », explique Corinne Peronnet, ingénieur d’études alimentation animale. Une demande qui pousse à la fois la filière soja et la culture d’autres sources de protéines non-OGM, comme le tourteau de colza ou de tournesol.

Problème : le soja français coûte toujours plus cher que celui importé d’Amérique du Sud. Il bénéficie cependant ces derniers mois de cours plutôt favorables. « La prime non-OGM sur le tourteau en provenance du Brésil a souvent flirté avec les 100 euros la tonne », explique Terres Univia. De quoi rendre le soja français plus compétitif.

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