France / Yémen

Ventes d'armes françaises au Yémen: vers une commission d’enquête parlementaire?

L'usage des armes vendues par la France aux pays de la coalition arabe qui bombardent le Yémen est de plus en plus critiqué. Ici, des habitants de Saada, dans le nord-ouest du pays, après un raid aérien, le 1er novembre 2017.
L'usage des armes vendues par la France aux pays de la coalition arabe qui bombardent le Yémen est de plus en plus critiqué. Ici, des habitants de Saada, dans le nord-ouest du pays, après un raid aérien, le 1er novembre 2017. ©REUTERS/Naif Rahma
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La France est l'un des principaux pourvoyeurs d'armements de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, de l'Egypte, engagés avec d'autres pays arabes sunnites, avec le soutien des Etats-Unis, contre les rebelles houthis appuyés par l'Iran. Le conflit a fait plus de 10 000 morts, déplacé plus de trois millions de personnes et menace d'une famine généralisée le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. Les ventes d'armes françaises à l'Arabie saoudite, soupçonnée de crimes de guerre au Yémen, sont de plus en plus critiquées malgré les déclarations de Paris, troisième exportateur d'armement au monde. Le député Sébastien Nadot, membre de la majorité présidentielle (LREM), réclame à présent  la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les ventes d'armes françaises aux acteurs du conflit au Yémen. 

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Plusieurs associations envisagent des recours juridiques contre Paris en expliquant que la France viole notamment le Traité sur le commerce des armes ratifié par Paris en 2014, et selon lequel les Etats signataires ne doivent pas transférer d'armes qui puissent servir à commettre de graves atteintes aux droits humains.

Le député de La République en marche, Sébastien Nadot, interrogé par notre consœur du service anglophone de RFI, Zeenat Hansrod, réclame en tout cas la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la question et ceci pour plusieurs raisons.

« La première, c’est de mettre en lumière et avoir un débat public sur la situation au Yémen qui est une situation absolument dramatique et un petit peu trop oubliée en France, explique le député. La deuxième concerne notre responsabilité en regard des traités internationaux auxquels la France est soumise et donc de voir si dans ces déjà trois années de conflit au Yémen notre responsabilité ne serait pas un petit peu trop engagée. C’est-à-dire pour résumer : est-ce qu’on n’aurait pas des armes vendues aux belligérants du conflit qui auraient pu servir contre les populations civiles »

Reste à savoir désormais si les parlementaires accepteront la création d'une telle commission.

(Re) lire : Yémen: Jean-Yves Le Drian assume les ventes d'armes françaises et accuse l'Iran

 

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