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France

1er-Mai: le défilé syndical perturbé par des violences en marge du cortège

Près de 1200 militants de la mouvance Black Bloc étaient rassemblés en tête de cortège lors du défilé syndical du 1er-Mai à Paris.
Près de 1200 militants de la mouvance Black Bloc étaient rassemblés en tête de cortège lors du défilé syndical du 1er-Mai à Paris. REUTERS/Philippe Wojazer
Texte par : RFI Suivre
9 mn

Le défilé syndical du 1er-Mai a rassemblé 55 000 personnes à Paris, selon les chiffres communiqués par la CGT, contre 80 000 l'année dernière. La police a compté 20 000 personnes et 14 500 autres hors cortège syndical, dont 1 200 membres de la mouvance radicale des « Black Blocs », responsable de violences en marge du défilé. Quelque 102 personnes étaient en garde à vue mardi soir. Le Premier ministre et le président se sont exprimés.

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Selon la préfecture de police de Paris, 1 200 individus cagoulés et masqués, scandant « Tout le monde déteste la police, Paris debout, soulève toi », se sont d'abord rassemblés au niveau du pont d'Austerlitz, dans l'est de Paris, en tête de la manifestation organisée par les unions syndicales.

C'est alors que, sur décision de la préfecture de police, le cortège a changé d'itinéraire pour rejoindre la place d’Italie. Le groupe d'individus violents a donc été isolé par les forces de l'ordre, les policiers, qui ont attendu ensuite quelques minutes avant d'intervenir, et de répliquer aux projectiles des casseurs avec un canon à eau et des gaz lacrymogènes pour les disperser.

Néanmoins, certains individus ont eu le temps de fracasser des vitrines le long du boulevard de l'Hôpital, dans le 13e arrondissement, saccageant notamment un restaurant McDonald's et des abribus, et sortant des voitures d'un concessionnaire Renault. Ils ont également incendié un engin de chantier et lancé des projectiles sur les forces de l'ordre.

Puis, par petits groupes, ces derniers se sont dispersés sur les hauteurs du 5e arrondissement de Paris, avant de nouveaux affrontements rue Monge peu après 21h. Des conteneurs à verre ont été renversés.

Un militant de la mouvance Black Bloc passe devant la voiture en flamme d'une concession Renault sacagée à paris.
Un militant de la mouvance Black Bloc passe devant la voiture en flamme d'une concession Renault sacagée à paris. REUTERS/Christian Hartmann

Au total, 200 manifestants violents auraient été interpellés, selon la préfecture. Une situation tendue mais maîtrisée, et qui est loin d'être une surprise car dès lundi, la préfecture de police de Paris avait dit craindre des violences et des dégradations de la part de groupes extrémistes qui avaient lancé un appel sur les réseaux sociaux pour faire vivre « une journée en enfer » aux représentants de l'Etat.

J’ai traversé le pont d’Austerlitz. Le défilé a été bloqué et les black blocs ont commencé à lancer leurs propres bombes. Les choses ont dégénéré. Parce qu’après, la police et les CRS ont balancé des gaz lacrymogènes. Femmes et enfants ont été obligés de respirer ça. C’est honteux.

De violents incidents perturbent la manifestation

Des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et militants des «Black Blocs» non loin de la gare d'Austerlitz à Paris, le 1er mai.
Des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et militants des «Black Blocs» non loin de la gare d'Austerlitz à Paris, le 1er mai. Stéphane Lagarde/RFI

Le Premier ministre dénonce « des professionnels de la polémique »

Depuis l'Australie où il se trouve en voyage officiel, Emmanuel Macron a condamné ces violences « avec une absolue fermeté ».

Le 1er-Mai est une journée internationale pour le travail, qui est un acquis de grande lutte du XIXe siècle. La journée du travail, c'est la journée des travailleur. Ce n'est pas la journée des casseurs

Emmanuel Macron sur les violences en marge du 1er-Mai, depuis Sydney

Quant au Premier ministre Edouard Philippe, il a apporté son soutien aux forces de l'ordre. Il y a d'abord eu un communiqué dans la soirée dans lequel le Premier ministre saluait « le professionnalisme des forces de l'ordre » et critiquait « l'irresponsabilité des discours radicaux qui encouragent de tels agissements ».

Puis le chef du gouvernement et son ministre de l'Intérieur Gérard Collomb se sont rendus au commissariat du 13e arrondissement pour remercier les forces de l'ordre. Une visite suprise à l'image de celle que les deux hommes avaient rendue mi-avril aux gendarmes qui évacuaient la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Cette double intervention d'Edouard Philippe, mardi, en l'espace de quelques heures, avait pour but d'éteindre la polémique lancée par une partie de l'opposition. Suite aux incidents, la droite et l'extrême droite ont immédiatement dégainé. Leurs leaders Laurent Wauquiez et Marine Le Pen accusant tous deux le gouvernement de ne pas avoir été à la hauteur de la situation. « Il est urgent de rétablir l'autorité », s'est ainsi emporté le président du parti LR sur Twitter.

Des critiques que le Premier ministre a balayées d'un revers de main, raillant ceux qui trouvent toujours à redire à l'action de l'Etat : « Il y aura des polémiques, il y en a toujours. Soit on bouge trop vite, soit on ne bouge pas assez vite, soit il y a trop de monde, soit il n'y a pas assez de monde. Il y a des spécialistes, des professionnels de la polémique. Ils ne savent pas ce que c'est que votre métier, mais ils savent faire des polémiques. Moi, ce que je constate ce soir, c'est qu'il n'y a pas de blessés - quelques-uns parmi vous, légers heureusement, mais très peu. Je constate qu'il y a une centaine de personnes qui devraient passer un petit peu de temps en garde à vue, c'est très bien. Et je constate une fois de plus que la République peut vous faire confiance. »

Edouard Philippe a défendu le dispositif policier mis en place avant de serrer la main à chacun des policiers du commissariat sous l'œil des caméras. « On va encore avoir besoin de vous, merci pour ce que vous faites. »

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