France / Algérie

France: l'islamiste Djamel Beghal sera-t-il rapidement expulsé?

Croquis d'audience de Djamel Beghal lors de son procès en appel à Paris, le 7 octobre 2014.
Croquis d'audience de Djamel Beghal lors de son procès en appel à Paris, le 7 octobre 2014. BENOIT PEYRUCQ / AFP

Ce lundi 16 juillet 2018, Djamel Beghal, figure de l'islam radical, est sorti de prison, relate l'Agence France-Presse. Les autorités françaises assurent qu'un accord a été pris pour son expulsion vers l'Algérie. Rien n'est fait, dit en revanche son avocat, Béranger Tourné. M. Beghal purgeait une peine de dix ans de prison pour avoir participé à un projet d'évasion d'un membre du GIA algérien. Il est considéré comme le mentor des tueurs de Charlie Hebdo.

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Il a été naturalisé français en 1995. Puis condamné pour terrorisme en 2005, et déchu de sa nationalité en 2007. Ensuite, il s'est vu assigné à résidence en 2009, avant d'être de nouveau condamné en 2013. Détenu à la prison de Vezin-le-Coquet, en Ille-et-Vilaine, il est sorti de prison ce lundi 16 juillet dans la matinée.

En avril, la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Rennes lui a accordé une réduction de peine de 20 jours, alors qu'il devait sortir le 5 août, « sous condition suspensive de l’expulsion ». L'intéressé lui-même avait demandé son départ vers l'Algérie, qui ne conteste pas sa nationalité.

Selon une source à Alger, citée par l'AFP, les discussions en seraient au stade « du mécanisme de délivrance du laissez-passer consulaire », qui permet à un ressortissant algérien de rentrer même sans passeport valide. Djamel Beghal, qui craignait la torture il y a 10 ans, y est aujourd'hui favorable.

Si Alger donne son feu vert, les choses peuvent aller vite côté français. Sinon, M. Beghal pourrait être placé en centre de rétention (45 jours maximum), comme tous les étrangers en situation irrégulière en attente d'expulsion. Ou alors, il sera assigné à résidence si aucun accord avec Alger n'est trouvé.

Condamné en 2014 pour un projet d'évasion en faveur Smaïn Ali Belkacem

A chaque étape de sa vie, Djamel Beghal alias Abou Hamza, 52 ans, a toujours su fédérer dans la sphère jihadiste. Un maître à penser pour les apprentis terroristes. Ainsi, dès 2013, le parquet de Paris écrivait qu'Amedy Coulibaly et Chérif Kouachi, les tueurs de la porte de Vincennes et de Charlie Hebdo, étaient ses élèves.

Né en 1965 en Kabylie, cet ancien étudiant en informatique a basculé dans le terrorisme au sein du Groupe islamique armé algérien (GIA). Arrivé en France dans les années 1980, il multiplie les contacts avec les communautés salafistes d'Europe, et diffuse une vision extrémiste de la religion.

Au tournant du millénaire, il rejoint l'Afghanistan et se fait une place au sein d'al-Quaïda, qui le charge d'organiser en France un attentat contre les intérêts américains. Beghal a toujours nié, mais en décembre 2005, la cour d'appel de Paris le condamne pour un projet d'attentat contre l'ambassade américaine.

En décembre 2014, il est à nouveau condamné pour avoir projeté de faire évader Smaïn Ali Belkacem, le poseur de bombes des attentats de Paris en 1995. Mais le parcours de ce père de quatre enfants, marié à une Bretonne, reste encore à écrire. Car Djamel Beghal va désormais retrouver la liberté et peut-être aussi prochainement l'Algérie.

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