Vel d'Hiv

Vel d'Hiv: Marceline Loridan-Ivens se souvient des «perversités de l'enfer»

Le Premier ministre Edouard Philippe a présidé la cérémonie de commémoration de la rafle du Vel d'Hiv (1942), et a rappelé la «trahison» de la France et de ses valeurs, s'inscrivant dans les pas de Jacques Chirac en 1995.
Le Premier ministre Edouard Philippe a présidé la cérémonie de commémoration de la rafle du Vel d'Hiv (1942), et a rappelé la «trahison» de la France et de ses valeurs, s'inscrivant dans les pas de Jacques Chirac en 1995. JACQUES DEMARTHON/AFP

Ce dimanche 22 juillet s’est tenue à Paris la cérémonie qui commémore la rafle du Vel d’Hiv et qui rend hommage à toutes les victimes juives de la déportation. Quelque 76 000 juifs de France ont été déportés, principalement vers le camp d’Auschwitz en Pologne. Seuls 2500 reviendront vivants. Comme tous les ans, l’hommage s’est tenu en bordure de Seine, non loin de l’endroit où se dressait le Vélodrome d’hiver, lieu où furent parqués des milliers de juifs en juillet 1942 avant d'être déportés vers les camps. Parmi la centaine de personnes présentes à la cérémonie, Marceline Loridan Ivens, une rescapée.

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Les noms des camps d’extermination résonnent dans cette prière. Une prière pour envelopper tel un linceul tous ceux, brûlés dans les fours crématoires, qui n’ont pas eu de tombe. Marceline Loridan-Ivens, écrivain et cinéaste, est revenue elle de l’enfer des camps. Un drame qui lui inspirera un film, La Petite prairie aux bouleaux (2003), une traduction littérale de l'allemand Birkenau, interprété notamment par Anouk Aimée. 

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A 90 ans, celle qui fut l’amie et la compagne d’infortune de Simone Veil à Auschwitz, rencontrée dans le convoi qui les déportait, garde la mémoire claire, et à vif. « C'était l'horreur, toutes les perversités de l'enfer: on est arrivées et on nous a rasées... rasé les aisselles, le publis... L'horreur de la nudité devant des hommes. J'ai toujours mon numéro de matricule: 78750, il est là...»

Le numéro est là, sur son avant-bras. Et dans la tête, des visages, des situations, des souvenirs qui l’habitent, qui parfois la hantent. « On a toujours un camp dans la tête, on n'en revient pas... Une partie de soi reste toujours là-bas ! » Marceline, née Rozenberg, avait 15 ans lorsqu’elle fut arrêtée avec son père par la Milice en février 1944.

Marceline Loridan quitte le lieu de la cérémonie. Silhouette frêle, qui est revenue de si loin, sans son père assassiné à Birkenau. Un père auquel est destiné son livre Et tu n'es pas revenu (2015).

« On ne revient jamais vraiment d'Auschwitz », retrouvez Marceline Loridan-Ivens, invitée de l'Entretien de France 24

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