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Affaire Benalla: les auditions reprennent ce lundi au Sénat

La commission d'enquête du Sénat entendra lundi notamment le colonel Lionel Lavergne, chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République.
La commission d'enquête du Sénat entendra lundi notamment le colonel Lionel Lavergne, chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République. REUTERS/Philippe Wojazer

Le travail parlementaire continue autour de l'affaire Benalla. La commission d'enquête du Sénat poursuit les auditions. Ce lundi 30 juillet, cinq hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur seront entendus au sujet du rôle d'Alexandre Benalla.

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Trois personnages ont un rôle-clé dans l'affaire. Il y a d'abord Jean-Marie Girier, le chef de cabinet du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. L'homme est un fidèle parmi les fidèles d'En Marche. Il est l'ancien directeur de la campagne d'Emmanuel Macron.

Les réponses de Jean-Marie Girier sont attendues. Peut-être seront-elles plus précises que celles avancées par son ministre. Gérard Collomb était resté plus vague devant la commission de l'Assemblée nationale.

Et Jean-Marie Girier connaît forcément Alexandre Benalla. Car c'est lui qui l'a embauché à En marche pendant la campagne électorale. L’objectif pour les sénateurs est de préciser la chaîne hiérarchique au sein des forces de l'ordre lors du 1er Mai et lors de la sortie de la vidéo. 

Deux autres interlocuteurs passeront également devant les sénateurs dans l'après-midi. Ils ont déjà été entendus par l'Assemblée. Il s'agit de Stéphane Fratacci, directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur. Et le colonel Lionel Lavergne, patron du Groupe de sécurité de la présidence de la République, le GSPR.

Parmi les questions : Alexandre Benalla est-il responsable de la sécurité ou simple coordinateur ? Car le trouble persiste sur ses missions exactes à l'Elysée.


Une fin de session parlementaire houleuse

Sur fond d'affaire Benalla, la dernière semaine de la session parlementaire s'annonce mouvementée avec en point d'orgue l'examen, mardi, de deux motions de censure déposées, l'une par les Républicains, l'autre par la gauche (France insoumise, socialistes, communistes). Leur objectif n'est pas de faire tomber le gouvernement puisque LREM a la majorité absolue, mais de tenter encore une fois d'obliger le Premier ministre à s'expliquer sur l'affaire Benalla. Face aux oppositions inhabituellement rassemblées, la majorité - un temps désemparée - veut montrer qu'elle est maintenant ressoudée derrière Emmanuel Macron.

Pas question pour les députés En Marche de laisser le champ libre aux opposants qui depuis le début de l'affaire Benalla ont fait de l'Assemblée nationale la scène privilégiée de leur combat contre le gouvernement.

Mardi, Richard Ferrand, le patron du groupe, veut qu'ils soient tous là pour faire bloc et dénoncer ce qu'ils appellent l'instrumentalisation politique d'une « dérive personnelle ». « Une tempête dans un verre d'eau », a dit Emmanuel Macron.

L'heure de la contre-offensive a sonné. Les interviews d'Alexandre Benalla, distillées dans la presse durant le week-end, ont aidé les porte-parole de la majorité à essayer de dégonfler l'affaire décrite comme une « affaire d'été » pas une « affaire d'Etat ». Les arguments sont prêts pour l'ultime joute verbale dans l'hémicycle.

Dans le camp d'en face, les oppositions, comme il est d'usage de les appeler désormais, ont aussi aiguisé leurs couteaux et mis de côté pour le moment leurs différences afin de se concentrer sur la dénonciation des dissimulations de l'exécutif.

Une revanche pour des députés qui ont souvent critiqué le manque de respect du gouvernement à leur égard et qui veulent marquer des points avant la trêve estivale.

(Re) lire : Le rôle trouble d’Alexandre Benalla auprès du président

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