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Environnement / France

Plastique: le gouvernement français lance un système de «bonus-malus» en 2019

Des bouteilles plastiques triées et compactées, dans le centre de tri de Sevran.
Des bouteilles plastiques triées et compactées, dans le centre de tri de Sevran. AFP/Thomas Samson
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En avril, le gouvernement français a présenté sa feuille de route sur l’économie circulaire, avec comme ambition d’aller vers 100% de plastique recyclé en 2025. Ce dimanche 12 août, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Brune Poirson détaille cette ambition dans un entretien au Journal du dimanche.

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Créer un électrochoc pour changer radicalement les comportements des Français : tel est l’objectif du gouvernement qui s’attaque à un vaste chantier. Celui de la lutte contre le plastique, dont des millions de tonnes rejoignent chaque année la mer, provocant des dégâts considérables.

Pour que, d’ici sept ans, 100% de plastique soit recyclé – contre 25% environ aujourd'hui, selon le magazine 60 Millions de Consommateurs – il compte d’abord « s’adresser aux portefeuilles des consommateurs ». Dès l’année prochaine donc, ceux-ci auront un choix entre deux bouteilles. Celle fabriquée en plastique recyclée sera moins chère. Ce bonus-malus pourra aller jusqu'à 10% du prix des produits à base de plastique.

En dehors de ce système de bonus-malus, le gouvernement a aussi l’intention d’interdire les produits à usage unique, comme les pailles, les bâtonnets, les gobelets et les barquettes en plastique. La France recycle actuellement à peine 20% des emballages en plastique contre une moyenne européenne de près de 41%.

« Couper le robinet »

Le bonus-malus est « une logique dans laquelle on se retrouve », a réagi dimanche auprès de l'Agence France-Presse (AFP) Emmanuel Guichard, délégué général de la Fédération française de l'emballage plastique (Elipso). Encore faut-il que les alternatives au plastique existent, nuance-t-il toutefois : « Pour les bouteilles, c'est un choix du consommateur qui est possible. Mais il ne faut pas oublier les autres. Sur le pot de yaourt, il n'y a aujourd'hui pas de plastique recyclé ».

L'association Zero Waste France espère pour sa part que les industriels « joueront le jeu pour que les consommateurs ne soient pas directement pénalisés », relève sa directrice interrogée par l'AFP. Flore Berlingen rappelle que « le recyclage est essentiel mais pas suffisant. Il faut absolument couper le robinet et avoir des mesures plus fermes pour tout ce qui concerne le suremballage, les objets jetables ».

De son côté, la Commission européenne veut réduire drastiquement l'utilisation d'objets à usage unique, du coton-tige au matériel de pêche. Les sacs en plastique à usage unique ont également été interdits cette année au Chili et en Nouvelle-Zélande, comme c'est déjà le cas en France pour ceux qui ne sont pas compostables. Le secteur reste néanmoins florissant : la production mondiale de plastique a progressé de plus de 40% en dix ans, avec l'emballage comme premier débouché.

Développer les matériaux alternatifs

Pour le bien de l'environnement, il faudra sans doute développer aussi l’usage des matériaux alternatifs, notamment des bioplastiques biosourcés. Derrière ce nom se cache des matériaux fabriqués, en totalité ou en partie, à partir de végétaux tels que le blé, le maïs, la canne à sucre, ou la pomme de terre.

Leur principale qualité est d’être issus de matières qui se renouvellent chaque année au rythme des récoltes. Les bioplastiques ont aussi la propriété d’être biodégradables, c’est-à-dire qu’ils peuvent se décomposer, aidés par des micro-organismes, en matière organique. Ils permettent d’ores et déjà de fabriquer beaucoup de produits : des emballages et des sacs poubelles, des oreillers et des moquettes ou encore des coques pour téléphone ou ordinateur.

Une grande marque de vêtements de sport a lancé par exemple une chaussure de football allégée grâce à l’intégration d’un élastomère fabriqué à partir d’huile de ricin. Un géant allemand de la chimie produit une capsule de café composée à 60 % d’un plastique issu du maïs.

Pourtant, les bioplastiques sont loin de faire l’unanimité. Leurs adversaires pointent notamment la consommation d’eau, de pesticides et d’engrais qui sont nécessaires pendant la phase de leur production.

A (re)lire → France : « Plastic Odissey », un bateau pour lutter contre les déchets plastiques

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