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France / Santé

L'IVG en France: état des lieux

L'étude publiée par le ministère de la Santé sur l'avortement en France observe de fortes disparités régionales (illustration).
L'étude publiée par le ministère de la Santé sur l'avortement en France observe de fortes disparités régionales (illustration). Photo By BSIP/UIG Via Getty Images
Texte par : Laurence Théault
4 mn

A l'occaision de la Journée mondiale pour le droit à l'avortement, ce vendredi 28 septembre, une étude publiée par le ministère français de la Santé montre que le nombre d'IVG reste stable dans l'Hexagone.

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Une pratique autorisée par la loi Veil de 1975

Depuis 1975, la loi Veil permet aux femmes d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse jusqu'à 12 semaines d'aménorrhée. Et pour les mineures, il faut une autorisation parentale. Mais face au nombre de femmes qui chaque année partent à l’étranger pour avorter, soit parce qu’elles ont dépassé la date limite, soit parce qu’elles sont mineures, la loi a été modifiée en juillet 2001. Le délai pour interrompre sa grossesse est alors prolongé à la quatorzième semaine d’aménorrhée datée de l’arrêt des règles. Et l’autorisation parentale pour les mineures n’est plus nécessaire.

Depuis, d’autres modifications ont eu lieu. Le délai de réflexion d'une semaine demandé aux femmes avant de prendre cette décision a été supprimé. La clause de conscience, c'est-à-dire la liberté de choix du médecin de pratiquer ou non une IVG, figure toujours dans la loi.

Un chiffre stable

Depuis près de 30 ans, le nombre d'IVG oscille entre 215 000 et 230 000 en France. Une stabilité étonnante puisque les femmes utilisent largement des moyens de contraception. Les femmes de 20 à 24 ans restent les plus concernées. Le recours à l’IVG concerne toutes les tranches d’âge, mais il est en légère baisse chez les mineures depuis 2010.

Moins d’un tiers d’avortements chirurgicaux

Dans l’imaginaire collectif, une IVG est assimilée à une opération chirurgicale dans un cadre hospitalier, mais ce n'est plus une réalité. Les chiffres sont éloquents : seulement un tiers des IVG sont « chirurgicales » ou « instrumentales », c’est-à-dire par aspiration de l’œuf, sous anesthésie locale ou générale, alors que les deux tiers sont médicamenteuses.

Dans ce cas, la patiente prend par voie orale une première molécule, le mifépristone ou « pilule abortive », qui interrompt la grossesse, puis trois ou quatre jours plus tard, une deuxième molécule, le misoprostol, qui provoque l’expulsion de l’œuf. Cette méthode peut être prescrite par un médecin généraliste habilité ou par une sage-femme, avec une troisième consultation de suivi.

De plus en plus d'IVG réalisées hors du cadre hospitalier

Une IVG sur cinq est réalisée hors d'une structure hospitalière, dans un cabinet médical, au planning familial ou dans un centre de santé.

On observe par ailleurs de fortes disparités territoriales. C'est dans les départements d’Outre-mer, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, en Corse et en Ile-de-France que les taux de recours à l'IVG sont les plus élevés. Dans les régions les plus défavorisées, les structures de santé font défaut. « Chaque fois qu'une maternité ferme, vous avez un centre IVG qui ferme aussi », résume ainsi le planning familial.

La clause de conscience fait débat

Le Code de la santé publique donne la possibilité au médecin de refuser un soin, quel qu’il soit, pour des raisons professionnelles ou personnelles, sauf urgence vitale. Le débat a été relancé mi-septembre après les propos polémiques du président du Syndicat national des gynécologues de France . « Nous ne sommes pas là pour retirer des vies », avait déclaré Bertrand de Rochambeau. Un discours « fermement » condamné par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui appelait, quelques jours plus tard, à faire un « état des lieux » de la mise en pratique de cette clause mal connue en France. La ministre rappelle que les médecins qui refusent de pratiquer une IVG sont obligés d'orienter la patiente vers un confrère. Ce qu'ils ne font pas toujours

Plusieurs sénateurs socialistes, dont Laurence Rossignol, l'ancienne ministre des Droits des femmes, ont déposé ce vendredi une proposition de loi pour supprimer la clause de conscience qui permet aux médecins de refuser de pratiquer l'avortement.

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