France

France: trois lycéens assignent l'Etat en justice pour contrôle au faciès

Des policiers procèdent à des contrôles d'identité à la gare du Nord à Paris. (Image d'illustration)
Des policiers procèdent à des contrôles d'identité à la gare du Nord à Paris. (Image d'illustration) FRED DUFOUR / AFP

Trois lycéens français ont assigné en justice le ministère de l’Intérieur et l’Etat. En mars 2017, au retour d'un voyage scolaire à Bruxelles avec leur professeur, sur les 18 élèves, trois d'entre eux subissent un contrôle d'identité dès la descente du train à la gare du Nord à Paris. Ils estiment être victimes d'un contrôle abusif. Ce lundi 22 octobre, un an après les faits, leur procès pour discrimination s'est ouvert au tribunal de grande instance à Paris.

Publicité

Tutoiement, fouille au corps… Les trois lycéens se souviennent encore de ce contrôle d’identité dès la descente du train gare du Nord à Paris.

« J’étais humilié devant mes camarades et devant tout le reste de la gare. Dès qu’on a posé les pieds sur le quai, on a marché le long du quai. Pendant cinquante mètres je me suis fait barrer la route pour me faire contrôler. Et c’est à ce moment-là que vraiment je me suis senti humilié et triste… C’est ça qui est choquant en fait, on est en classe, on est en sortie scolaire et qu’on se fasse contrôler », explique Ilias qui n’en revient toujours pas.

Ils sont noirs et arabes. Pour Mamadou, Ilias et Zackaria, il s’agit d’un contrôle au faciès. Ils ont donc porté plainte, soutenus par leur professeur de français Elise Boscherel, présente lors de ce contrôle.

Ils reviennent de Bruxelles, ils ont visité les institutions européennes, ils ont appris, compris la règle de droit, les institutions démocratiques et premiers pas sur le quai à Paris, contrôle d'identité.

Me Slim Ben Achour, l'avocat des trois lycéens

« J’ai simplement dit : "pourquoi vous les contrôlez ?" Je n’ai pas eu de réponse ! Pourquoi vous les contrôlez ? Ce que j’attends surtout, en réalité, c’est que les contrôles de police cessent en sortie scolaire. Il me semble qu’entre fonctionnaires de l’Etat, on peut se faire confiance, explique l’enseignante. Moi, ce que j’aurais voulu, c’est que les policiers me disent : "Ah, d’accord, vous êtes enseignante, au temps pour nous, pas de souci, vous pouvez circuler". Et puis ce serait arrêté là. »

Les trois victimes de ce contrôle d'identité espèrent faire condamner l’Etat pour discrimination.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail