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France / Education

Violences scolaires: bientôt des policiers dans les écoles françaises?

A l'origine de cette proposition, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner est resté vague sur les détails de sa mise en oeuvre.
A l'origine de cette proposition, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner est resté vague sur les détails de sa mise en oeuvre. REUTERS/Philippe Wojazer
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Moins d’une semaine après la diffusion de la vidéo d'une enseignante menacée avec pistolet factice par un lycéen, le gouvernement propose des pistes pour lutter contre les violences scolaires. Il cherche aussi à assurer son soutien aux professeurs qui dénoncent l’omerta de la hiérarchie face à ces violences.

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Comme un symbole de fermeté, c’est au ministère de l’Intérieur et non à celui de l’Education nationale qu’a été présenté ce vendredi le plan d’action contre les violences scolaires. Pas moins de trois ministres étaient réunis : Christophe Castaner pour l’Intérieur, Jean-Michel Blanquer pour l’Education nationale et Nicole Belloubet pour la Justice. Ensemble, pour lutter contre les violences au collège et au lycée, ils ont proposé plusieurs pistes qui seront développées en Conseil des ministres mardi prochain.

Des policiers dans les cours de récré

La mesure la plus marquante est la présence dans certains cas de policiers à l’intérieur des établissements scolaires. Christophe Castaner, à l’origine de cette proposition, est pour l’instant resté assez vague quant aux détails d’une telle piste. Si le ministre de l’Intérieur « n’exclut » pas la « présence physique des forces de l’ordre » dans les collèges et les lycées, il précise que cela se fera « au cas par cas » uniquement dans les établissements les plus difficiles et seulement « à des moments de tension particulière dans la journée », sans préciser de quels moments il s’agit. Enfin, avant de voir des policiers en uniforme patrouiller dans les cours de récréation, il faudra que le directeur de chaque établissement ait donné son feu vert.

De son côté Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, dit vouloir « remettre de l’ordre » à l’école. La formule semble parfaitement répondre aux attentes du chef de l’Etat qui avait « exigé » que des mesures soient prises après la publication d'une vidéo montrant un élève menacer son enseignante avec une arme factice.

Pour « remettre de l’ordre », Jean-Michel Blanquer propose notamment de multiplier les équipes mobiles de sécurité. Composées de 10 à 50 personnes parmi lesquelles des enseignants, des conseillers d’éducation ou encore des gendarmes à la retraite, elles se déplacent d’un établissement à l’autre selon les besoins.

#Pasdevague

Depuis une semaine, des milliers d’enseignants dénoncent sur les réseaux sociaux l’insuffisance de l’écoute de leur hiérarchie via le hashtag #pasdevague. Le mot-clef ironique dénonce comment certains cas de violences qu’ils font remonter seraient étouffés. Un moyen, selon eux, pour ne pas faire de bruit, pas de vague.

Pour leur répondre, le ministre de l’Education nationale souhaite que chaque cas de violence soit « systématiquement signalé ». L’objectif de cette mesure étant de dresser un tableau précis et factuel du nombre de cas et de leur gravité. Enfin, pour apporter une sanction forte lorsque cela sera nécessaire, la ministre de la Justice Nicole Belloubet veut multiplier les travaux d’intérêt général (TIG) qui ont selon elle « une forte valeur éducative ».

Les professeurs mitigés

Face à ce virage sécuritaire pour l’école de demain qui s’accompagne également de l’ouverture de 20 nouveaux centres éducatifs fermés, certains professeurs et parents d’élèves ont fraîchement accueilli ces pistes de réflexion. S’ils saluent la réactivité du gouvernement face à leur grogne, certaines voix se lèvent déjà pour critiquer ce virage sécuritaire.

C’est le cas du syndicat d’enseignants Unsa qui déplore « qu’avec ces mesures on répond aux situations de violences qui sont les plus marquantes, mais qui ne correspondent pas au quotidien des professeurs ». Car les enseignants sont principalement ciblés par des insultes, rappellent plusieurs d’entre eux. « Les profs ont surtout besoin d’un arsenal pour améliorer le climat scolaire et d’espaces de dialogues » estime ainsi l’Unsa.

 

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