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France

France: nouvelles mises en examen dans l'affaire du rachat d'Uramin par Areva

L'ex-patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, fait partie des mis en examen dans l'affaire du rachat d'Uramin.
L'ex-patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, fait partie des mis en examen dans l'affaire du rachat d'Uramin. AFP / Issouf Sanogo
Texte par : Stéphane Geneste
3 mn

La justice a ordonné lundi 29 octobre de nouvelles inculpations après le rachat de mines en Namibie, Afrique du Sud et en République centrafricaine par le géant du nucléaire français en 2007 pour deux milliards d'euros. La Cour d'appel a confirmé la mise en examen d'anciens hauts dirigeants d'Areva pour délit d'entrave.

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L'affaire commence en 2007 lorsqu'Areva achète la société minière canadienne Uramin pour près de deux milliards d'euros, l'objectif étant d'extraire de l'uranium dans ces mines.

Le problème, c'est qu'elles sont inexploitables et le géant du nucléaire français s'en rend compte rapidement, malgré l'investissement de plus d'un milliard d'euros sur les zones d'extraction.

Une enquête interne est alors ouverte par Areva pour comprendre comment cela a pu se produire. Puis c'est la justice qui s'en mêle avec le lancement de deux enquêtes.

L'une porte sur des soupçons d'escroquerie et de corruption lors de l'acquisition de la compagnie minière, l'autre sur les provisions faites par les responsables du groupe. Ils sont accusés d'avoir présenté des comptes inexacts pour masquer l'effrondrement de la valeur d'Uramin.

Lundi, la cour d'appel a donc ordonné la mise en examen, dans le volet comptable de l'affaire, d'Anne Lauvergeon, l'ex-patronne du groupe.

L'ancien numéro 2 d'Areva, l'ex-directeur financier et l'ancien responsable de l'audit ont également été mis en examen pour « délit d'entrave ».

Vincent Crouzet est témoin dans une partie du dossier qui porte sur les soupçons de corruption et d'escroquerie, et auteur de Une Affaire atomique, ouvrage consacré à cette affaire. « Aujourd'hui se posent des questions : pourquoi a-t-on acheté si cher trois gisements qui ne valent absolument rien ?, interroge-t-il. L'une des théories, c'est que ces trois gisements ont été acquis pour générer une trésorerie occulte peut-être à des fins de corruption. Le parquet pense qu'il y a des éléments dans le dossier susceptibles d'entraîner de nouvelles mises en examen. Je ne veux pas me prononcer sur la qualité du travail des magistrats instructeurs. Il y a eu un conflit entre les magistrats et le parquet qui demandait des mises en examen supplémentaires. La Cour d'appel de Paris a donné raison au parquet. Ce qui permet effectivement à l'affaire d'être relancée. Nous avions tous très peur, nous les témoins et les journalistes d'investigation, d'un enterrement de première classe de cette affaire et ce ne sera pas le cas heureusement parce qu'il s'agit tout de même de 3,1 milliards d'euros d'argent public. Et c'est trop grave pour que cette affaire soit enterrée. »

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