France

Effondrement d'immeubles à Marseille: les recherches continuent

Des secours sont à pied d'oeuvre, lundi 5 novembre, pour tenter de retrouver des éventuels survivants dans les décombres des immeubles du quartier de Noailles, à Marseille.
Des secours sont à pied d'oeuvre, lundi 5 novembre, pour tenter de retrouver des éventuels survivants dans les décombres des immeubles du quartier de Noailles, à Marseille. HO, Loic AEDO / BMPM/SM Aedo / AFP

Plus de 24 heures après l'effondrement de plusieurs immeubles vétustes du centre de Marseille, le bilan est monté à quatre morts après la découverte d'un quatrième corps mardi soir.dans les décombres. Les secours gardent malgré tout un « faible espoir » de retrouver des survivants.

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Un corps tôt dans la matinée, celui d'un homme, puis celui d'une femme à la mi-journée et un troisième peu après, ont été retrouvés mardi dans les ruines des trois immeubles effondrés hier rue d'Aubagne, dans le centre de Marseille. Le corps d'une quatrième victime, une femme, a été découvert mardi soir.

Dans le périmètre de la catastrophe, casque orange sur la tête, masque sur la bouche pour certains et combinaison marine maculée de poussière, une dizaine de sauveteurs effectuaient mardi une chaîne humaine pour retirer les débris, pierre après pierre. Au total, plus de 120 marins-pompiers et sapeurs-pompiers sont à pied d'oeuvre pour fouiller l'amas de gravats d'une profondeur de 15 mètres. Dessous, selon les autorités, il pourrait rester encore quelques personnes.

C'est une course contre la montre qui s'est engagée pour tenter de secourir de potentiel survivants, alors que la pluie drue de ces dernières heures rend les travaux d'excavation plus ardus. Les gravas sont denses et nombreux, il reste « une semaine de travail jour et nuit », selon le capitaine de frégate Samuel Champon, commandant des opérations de secours.

Fortes pluies et insalubrité notoire

Après l'effondrement des deux bâtiments vétustes lundi matin, suivi de l'écroulement partiel d'un troisième bâtiment mitoyen en fin de journée, les secours tentent de retrouver 5 habitants du numéro 65 rue d'Aubagne manquant à l'appel, ainsi que 3 personnes qui auraient pu être invitées dans l'immeuble. Les deux autres immeubles étaient murés et - théoriquement en tout cas - inhabités.

Au numéro 65, 9 appartements sur 10 étaient en revanche habités, au-dessus d'un commerce vacant au rez-de-chaussée. En copropriété, il avait fait l'objet le 18 octobre « d'une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants », selon la mairie. Le troisième immeuble, au numéro 67, était abandonné et muré depuis l'été 2012.

« Ce dramatique accident pourrait être dû aux fortes pluies qui se sont abattues sur Marseille ces derniers jours », selon la mairie, qui a évacué et relogé 100 habitants des immeubles à proximité. Mais plusieurs représentants de l'opposition ont fait le lien avec l'ampleur du problème du logement indigne à Marseille, notamment dans le centre.

Logements insalubres à Marseille : des chiffres « affolants » selon la Fondation Abbé-Pierre

L'effondrement de trois immeubles vétustes du centre de la cité phocéenne a relancé le débat sur l'habitat insalubre à Marseille. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner au cours de sa visite sur place mardi matin a promis la réalisation d'« un audit de l'habitat indigne » dans la ville avec un état des lieux, un chiffrage qui se fera immeuble par immeuble.

Dans la ville, selon un rapport remis au gouvernement en 2015, « un parc privé potentiellement indigne » présente « un risque pour la santé ou la sécurité de quelque 100 000 habitants ». 40 000 logements sont concernés, soit 13% du parc de résidences principales.

Des chiffres « affolants », selon la Fondation Abbé Pierre (Fap). Ces proportions ne sont vues « nulle part ailleurs en France », déplore Florent Houdmon, directeur régional de la Fap. « C'est le résultat de décennies d'inaction publique ». L'habitat indigne désigne des logements dangereux, dans des immeubles menaçants de s'effondrer, mais aussi des habitations insalubres, qui peuvent affecter la santé des résidents.

Pour la Fap, l'effondrement soudain de ces immeubles à Noailles, un quartier populaire et métissé à deux pas du Vieux-Port, est en lien direct avec « la défaillance totale, dès le repérage, des pouvoirs publics ».

« La situation des deux immeubles effondrés était connue de tout le monde », dit Patrick Lacoste, porte-parole de l'association d'habitants Un centre-ville pour tous. Oscillant entre colère et émotion, il déplore « des gens morts pour rien, alors qu'on savait ». « A la mairie, ils sont au pouvoir depuis 25 ans et ils laissent pourrir des immeubles sur pied, ils ne s'intéressent pas à la population de Noailles et ne veulent pas de logement social dans le centre », accuse-t-il.

(avec AFP)

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