France

Emmanuel Macron lance le «grand débat national» «sans tabou»

Le président français Emmanuel Macron lors de l'ouverture du «grand débat national» devant les maires à Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier 2019.
Le président français Emmanuel Macron lors de l'ouverture du «grand débat national» devant les maires à Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier 2019. REUTERS/Philippe Wojazer/Pool

Emmanuel Macron était ce mardi après-midi à Grand Bourgtheroulde (Eure) pour lancer le « grand débat national » devant plus de 600 maires. Il s'est rendu avant cela à Gasny pour assister à une séance de Conseil municipal où il s'est de nouveau illustré par des propos polémiques.

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Pendant plus de deux heures, Emmanuel Macron a écouté les maires sans intervenir. Sans surprise, l’accès aux services publics, à la santé, les questions de mobilité, et de fiscalité ont été abordées par les élus. Signe qu’il s’agit bien d’un symbole de justice fiscale, la suppression « emblématique » – selon les mots d'un maire – de l’impôt sur la fortune a aussi été plusieurs fois abordée lors du lancement de ce « grand débat national ».

« Faut pas raconter des cracs. C’est pas parce qu’on remettrait l’ISF comme il y a un an et demi que la situation d’un seul gilet jeune s’améliorerait, ça c’est de la pipe ! », a réagi le président. Avant d’ajouter ce n’était pas un « tabou » et que la réforme devait être « évaluée », rapporte notre envoyée spéciale à Grand Bourgtheroulde, Valérie Gas.

Le chef de l'Etat a ensuite répondu longuement à toutes les questions qui avaient été posées. Avec une volonté affichée de prendre son temps pour montrer sa bonne volonté. Il s'est notamment dit ouvert à des aménagements pour que la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires soit « mieux acceptée » par les Français tout en étant « efficace ».

Nouvelle polémique

Mais avant même son arrivée à Grand Bourgtheroulde, Emmanuel Macron a déclenché une polémique. S'exprimant au cours d'un Conseil municipal à Gasny, le président français a déclaré : « Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser, car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent ».

Alors que cette journée devait montrer sa capacité à entendre les doléances des citoyens, cette petite phrase a relancé les accusations sur le mépris du président de la République. « Il fait une belle lettre, et derrière, il vient remettre de l'huile sur le feu, dénonce le député de La France insoumise Ugo Bernalicis. Clairement, Emmanuel Macron ne veut pas de ce débat. Il veut poursuivre sa feuille de route. Il est en train de tendre la situation au maximum et va aller aux devants d'un drame parce que les gens vont finir par être exaspérés. »

« Je pense qu'il faut qu'on arrête avec ces petites phrases, rétorque le député LREM Bruno Bonnell. Dans les milliers de débats qui auront lieu en France, on entendra des choses encore plus offensantes. J'ai entendu beaucoup de choses sur les députés bien plus difficiles que cela, notamment avec des menaces personnelles. »

Je suis partie à 13h30 de Rouen, je suis arrivée ici à 14h, je me suis cachée dans un champ et j'ai commencé à entrer dans le centre-ville vers 16h. En deux heures, je me suis fait contrôler sept fois.

Pour le lancement du «grand débat national», les «gilets jaunes» maintenus à bonne distance

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