France

«Grand débat national»: Macron met le sujet de l'immigration sur la table

Emmanuel Macron face aux maires de France lors du lancement du grand débat national à Bourgtheroulde le 15 janvier 2019.
Emmanuel Macron face aux maires de France lors du lancement du grand débat national à Bourgtheroulde le 15 janvier 2019. REUTERS/Philippe Wojazer/Pool
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le sujet est finalement revenu par la petite porte. Si l’exécutif avait renoncé, avant les fêtes, à faire de l’immigration l’un des piliers du débat national pour répondre à la crise des « gilets jaunes », Emmanuel Macron a fait des quotas d’immigration l’une des questions à aborder lors du grand débat. Un choix qui divise jusque dans la majorité.

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C'était l'une des questions en suspens de ce grand débat national. Le sujet de l'immigration devait-il être débattu ? Après des tergiversations de l'exécutif, Emmanuel Macron a finalement tranché, le sujet sera bien sur la table comme il l'a annoncé dans sa lettre aux Français.

« En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ? », a notamment écrit le président de la République.

La gauche dénonce une manœuvre politicienne

Mais qu’a donc l’immigration à voir avec la crise des gilets jaunes ? Pour le député de la France insoumise, Alexis Corbière, la décision présidentielle d’en faire un sujet du débat n’est qu’une basse manœuvre politicienne.

« C'est idéologiquement dangereux, explique-t-il. Cela a servi une première fois à M. Macron pour être élu, il a été élu sur un rejet de Mme Le Pen, alors gare à ce qu'à l'avenir cela ne se retourne pas et que ce soit finalement créer les conditions de la victoire de l'extrême droite. »

Même condamnation du coté du patron des socialistes, Olivier Faure, qui voit dans cette décision d’Emmanuel Macron une manière de faire diversion et de ne pas s’attarder sur les vraies questions du débat. « Le débat devrait porter essentiellement sur les questions sociales, fiscales et de transition écologique, qui sont la base de ce qu'a été le mouvement des gilets jaunes », affirme le chef du PS.

Un sujet qui divise au sommet de l'Etat

Au sein de la majorité, l’axe de défense est tout trouvé pour défendre l’idée du président, il n'y a pas de tabou. « Il y a beaucoup de gens qui ont internalisé de la colère quel que soit le sujet, quel que soit le motif, détaille Olivier Véran, député LREM de l'Isère. L'idée, c'est justement de permettre à chacun qui souhaite aborder des sujets qui lui sont chers de venir les aborder dans le cadre de ce débat. »

Le sujet a pourtant divisé jusqu’au sommet de l’Etat. Selon un parlementaire proche d’Emmanuel Macron, le Premier ministre ne voulait pas ouvrir le débat sur l’immigration. C'est le président qui aurait insisté sous l’influence de son ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, et de l’ancien président, Nicolas Sarkozy. Deux figures de droite.

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