France

Les «gilets jaunes» lancent l'«acte X» de leur mobilisation

Manifestation de «gilets jaunes» à Marseille, le 12 janvier 2019.
Manifestation de «gilets jaunes» à Marseille, le 12 janvier 2019. REUTERS/Jean-Paul Pelissier
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Alors que le gouvernement français compte sur le « grand débat national » pour canaliser la contestation des « gilets jaunes », de nouveaux rassemblements sont prévus ce samedi 19 janvier à Paris et en région.

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Pour le « Xe acte » de leur mobilisation, les « gilets jaunes » ont encore appelé à manifester un peu partout en France. A Paris, deux manifestations ont été déclarées. La première, une boucle de 15 kilomètres à laquelle participera Eric Drouet, l'une de leurs voix les plus connues, partira de l'esplanade des Invalides et traversera les quartiers de la rive gauche de la capitale. Leur mot d’ordre : « le million à Paris ». Ils invitent les participants à apporter « une fleur ou une bougie en hommage » aux personnes tuées ou blessées depuis le début du mouvement, le 17 novembre.

Une autre groupe doit partir de l'avenue Marceau, près des Champs-Elysées, pour rejoindre la première marche. D’autres « gilets jaunes » annoncent qu’ils ne communiqueront leur lieu de rassemblement qu’au dernier moment. Des manifestations sont également programmées à Bordeaux, Toulouse, Lyon, Nantes ou encore Clermont-Ferrand.

« Beaucoup de forces de l'ordre dans la rue »

Redoutant de nouvelles violences, le gouvernement a annoncé qu'il déploierait encore « beaucoup de forces de l'ordre dans la rue » ce week-end, alors que la polémique enfle sur l'accumulation de blessures graves de manifestants causées notamment par les lanceurs de balles de défense (LBD).

La semaine dernière, l'« acte IX » de la mobilisation avait vu une hausse du nombre de participants. Ils étaient plus de 80 000 en France, dont 8 000 à Paris. Un chiffre néanmoins inférieur à ceux de novembre et décembre, où les rassemblements comptaient des centaines de milliers de personnes, selon les données du ministère de l'Intérieur.

Selon Christophe Castaner, il y a « de moins en moins de mobilisation ». « La pièce s'éternise, il n'y a plus grand monde sur la scène et dans la salle », a estimé le locataire de la place Beauvau ce vendredi sur Europe 1. « Il est temps de changer de pièce » et de passer au « débat national » lancé mardi par Emmanuel Macron pour mettre fin à la contestation, a-t-il encore estimé.

L'heure des bilans

Les acteurs économiques, eux, continuent à chiffrer les pertes générées par un mouvement qui dure depuis maintenant deux mois. C'est le cas du secteur agroalimentaire, affecté par la désorganisation de la distribution et les perturbations de la production et de certaines infrastructures pour l'export. « Certaines ont perdu 80 % de leur chiffre d'affaires », pointe Catherine Chapalain, directrice générale de l'association nationale des industries agroalimentaires (Ania).

Cette baisse d'activité a été également constatée dans l'habillement, surtout au début du mouvement. « Le mois de novembre a connu une baisse d'activité de l'ordre de -6 % et de -4 % sur la fin du mois de décembre », précise Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce.

Les opérations de blocage et de filtrage ont par ailleurs affecté les entreprises de livraisons. Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), estime le préjudice à plus de 2 milliards d'euros. Un préjudice dû notamment aux surcoûts d'exploitation qui se traduisent par le paiement des heures d'attente des conducteurs bloqués par les barrages. La FNTR demande donc au gouvernement des mesures d'urgence.

La grande distribution chiffre quant à elle ses pertes à plus de 300 millions d'euros. L'institut Nielsen juge cependant l'activité de fin décembre-début janvier plutôt rassurante.

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