Accéder au contenu principal
France / Gilets jaunes

Acte XII des «gilets jaunes»: les violences policières dans le collimateur

Début du rassemblement des «gilets jaunes», samedi 2 février, dans le quartier parisien de Daumesnil.
Début du rassemblement des «gilets jaunes», samedi 2 février, dans le quartier parisien de Daumesnil. Marc Fichet / RFI
Texte par : RFI Suivre
7 mn

En pleine polémique sur les LBD, les « gilets jaunes » défilent ce samedi 2 février à Paris et dans plusieurs villes de France, notamment à Valence. Pour cet acte XII de la mobilisation, ils ont décidé de dénoncer les violences policières dont ils estiment faire l’objet. A Paris, une marche blanche est organisée en hommage aux blessés graves du mouvement. Les « gueules cassées », comme ils se surnomment, prendront la tête du cortège.

Publicité

Au lendemain de la décision du Conseil d'Etat de maintenir l'usage des lanceurs de balle de défense (LBD) dans les manifestations, une « grande marche des blessés » est prévue dans la capitale ce samedi 2 février pour réclamer l'interdiction du « LBD-40 et des grenades GLI-F4 et GMD », deux mois et demi après le début du mouvement.

« Pour en finir avec la force démesurée qu'impose le gouvernement pour faire taire la contestation », les manifestants sont invités à venir avec « des pansements sur l'oeil, des bandages, de mettre du rouge sur les gilets jaunes en guise de sang », selon des appels lancés sur Facebook.

A Paris, Lyon ou Montpellier, les manifestants entendent notamment dénoncer le recours aux LBD, cette arme non létale utilisée plus de 9 200 fois depuis le début de la contestation et accusée d'avoir causé de graves blessures dont celles de Jérôme Rodrigues, une des figures des « gilets jaunes ».

Une blessure de guerre... J'ai donc un trou béant de trois centimètres de profondeur sur 2,5 centimètres de largeur. J'ai toujours l'infirmière qui passe chez moi tous les jours et là, je vais sûrement avoir du kiné bientôt. Aujourd'hui, il s'avère que les frais qui ne sont pas remboursés par la sécurité sociale sont pour moi...

Portrait Antonio Barbetta, un «gilet jaune» grièvement blessé par une grenade assourdissante

Selon le collectif militant « Désarmons-les », 20 personnes ont été gravement blessées à l'oeil - la plupart éborgnées - depuis le 17 novembre. La police des polices (IGPN) a été saisie de 116 enquêtes selon une source policière, portant pour dix d'entre elles sur de graves blessures aux yeux. Au total, les autorités ont recensé plus de 1 900 blessés parmi les manifestants et plus de 1 200 au sein des forces de l'ordre.

10 000 manifestants attendus à Valence

L'ampleur de cet acte XII est encore incertain, alors que le dernier samedi avait rassemblé, selon le ministère de l'Intérieur, 69 000 « gilets jaunes » sur le territoire contre 84 000 le 19 janvier. Des chiffres systématiquement contestés par les manifestants qui accusent la place Beauvau de sous-évaluer la mobilisation.

Après avoir appelé à converger à Bourges lors de leur acte IX, les « gilets jaunes » appellent cette fois à se mobiliser en masse à Valence où le président Emmanuel Macron s'était rendu la semaine dernière pour le grand débat lancé par le gouvernement dans l'espoir d'éteindre la crise.

Malgré les week-ends qui passent et les violences policières qui ont été faites, il n'y a toujours aucune lumière qui a été levée sur tous ces blessés, aucune prise de parole du gouvernement et du coup ces personnes se retrouvent sans rien.

Eric Drouet, figure des «gilets jaunes» et leader du groupe Facebook «La France en colère»

Jusqu'à 10 000 manifestants sont attendus dans cette ville de la Drôme où des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises. « On craint, comme on l'a vu dans d'autres manifestations dont celle de Bourges, environ 10% de casseurs », a déclaré à l'AFP le maire LR de Valence Nicolas Daragon.

La préfecture a ainsi décidé d'établir un périmètre fermé « assez large » dans le centre-ville, avec des contrôles d'identité sur les points d'accès, et a recommandé aux commerçants de baisser le rideau samedi. Comme chaque samedi, des rassemblements sont également prévus à Bordeaux et Toulouse, traditionnelles places fortes de la mobilisation, où les précédents actes ont été émaillés d'incidents avec les forces de l'ordre.

(Avec agences)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.