France / Emmanuel Macron

«Grand débat» en France: Macron exhorte les jeunes à s’exprimer

«Faites de la politique», a lancé aux jeunes Emmanuel Macron en bras de chemise. Etang-sur-Arroux, le 7 février 2019.
«Faites de la politique», a lancé aux jeunes Emmanuel Macron en bras de chemise. Etang-sur-Arroux, le 7 février 2019. REUTERS/Emmanuel Foudrot

C'était ce jeudi le 6e déplacement pour Emmanuel Macron dans le cadre du « grand débat national » en France. Le président voulait échanger avec des jeunes de 15 à 25 ans qui ne sont pas particulièrement présents dans cette consultation jusqu'ici. Un millier d’étudiants, lycéens, d’étudiants ou apprentis étaient réunis dans un gymnase d’Etang-sur-Arroux près d'Autun en Bourgogne.

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« C'est à vous de vous exprimer » : Emmanuel Macron a appelé les jeunes rassemblés autour de lui à se saisir du « grand débat », une consultation qui prépare « l'avenir de la France », et à s'intéresser à la politique.

« Au fond, ce que nous avons à faire, c'est inventer le pays dont nous voulons, ni plus ni moins », a lancé le chef de l'Etat en introduisant la discussion dans le gymnase de la petite ville d'Etang-sur-Arroux.

Durant les quatre heures et demie du débat, les mains n'ont cessé de se lever pour l'interpeller dans l'assistance. Appelés à exprimer leurs « convictions, doutes et interpellations », les jeunes ont témoigné de la cherté des études, des difficultés à entrer dans la vie active, des inquiétudes sur l'avenir de l'agriculture ou de la filière nucléaire. Des préoccupations parfois bien différentes de celles exprimées lors des cinq précédents débats auxquels a participé le chef de l'Etat pour trouver une issue à la crise des « gilets jaunes ».

En répondant, parfois longuement, avec le soutien des ministres de l'Education Jean-Michel Blanquer et du Travail Muriel Pénicaud, Emmanuel Macron a défendu les décisions et les réformes mises en œuvre depuis son arrivée à l'Elysée. Tout en se montrant ouvert à étudier certaines propositions des intervenants, comme sur le Livret jeune ou sur Parcoursup.

Interpellé par un lycéen sur le service national universel (SNU), qui « suscite beaucoup d'interrogations », il l'a qualifié de « chance inouïe pour votre génération », annonçant que « l'intégralité du permis » de conduire pourrait être passée dans ce cadre.

Une « meilleure image »

Le président « a pris un risque en venant devant nous », a commenté Sandra Delbeken, 18 ans, élève de l'établissement de réinsertion (Epide) d'Etang-sur-Arroux. « Il nous a donné une meilleure image de lui, celle de quelqu'un qui s'intéresse aux gens », a-t-elle ajouté, en regrettant toutefois un débat « un peu trop long ».

Son camarade Florent Pierron, 18 ans, s'est également félicité que le président ne soit pas apparu trop « politicien », comme il le craignait. « J'espère qu'il fera ce qu'il a dit, comme d'améliorer la vie dans les écoles et les lycées ».

Emmanuel Macron, qui remonte dans les sondages, prévoit de participer à un ou deux débats par semaine jusqu'à la fin du « grand débat », prévue pour la mi-mars.

C'est à vous de savoir quelle société vous voulez construire, parce que beaucoup des choses qu'on s'est dites, c'est des choix à dix ans, vingt ans, trente ans ; donc c'est à vous de participer au débat, de le porter, d'être actifs, de vous exprimer

Grand débat : Macron face aux jeunes

(Avec AFP)


■ Absence des jeunes en banlieue

Alors qu’Emmanuel Macron rencontre les jeunes du Morvan, dans les banlieues aussi ces rencontres citoyennes se poursuivent. Les participants, parmi lesquels un quota de jeunes de 16 à 25 ans, seront tirés au sort à partir des bases de données des numéros de téléphone, a indiqué le gouvernement jeudi. Mais le constat est sans appel : aux Mureaux (région parisienne) où plus de 50 % de la population à moins de 30 ans, ce débat n'est pas à l'image de sa population et les jeunes n'y participent pas. Reportage.

Il est 20 heures aux Mureaux. Les habitants arrivent aux compte-gouttes pour participer à ce "grand débat". Ils sont une petite vingtaine, des retraités, des militants, et l'un d'entre eux prend la parole...

Reportage aux Mureaux: l'absence des jeunes en banlieue autour du «grand débat»

(Re) lire : «Grand débat»: Emmanuel Macron se confronte aux difficultés des banlieues

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