France / Etats-Unis

France: bataille rangée entre Ford et l'Etat autour du site de Blanquefort

Le site Ford de Blanquefort, en région Nouvelle-Aquitaine, dans le sud-ouest de la France.
Le site Ford de Blanquefort, en région Nouvelle-Aquitaine, dans le sud-ouest de la France. GEORGES GOBET / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Le site Ford de Blanquefort, près de Bordeaux, est au cœur d'une bataille entre le constructeur américain et l'Etat français. Le groupe automobile va fermer l'usine et a refusé, en décembre dernier, une offre de reprise, suscitant la colère de Paris. Ce samedi 2 mars, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, a expliqué sur Europe 1 que la France pouvait « pousser Ford » à investir « plusieurs millions d'euros ».

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Le bras de fer entre l'Etat français et Ford n'est pas terminé. Ces derniers jours, après la confirmation par le constructeur automobile américain du rejet d'une offre de reprise pour son site de Blanquefort, en Gironde, les dirigeants français ont multiplié les déclarations hostiles, et même les menaces.

L'Etat français veut faire payer Ford. Le président Emmanuel Macron a déjà indiqué vouloir « forcer l'entreprise à revitaliser le site ». Le ministre de l'Economie, Bruno le Maire, a également affirmé cette semaine qu'il ne baisserait « jamais les bras » et que Ford devait « payer ».

Sa secrétaire d'Etat, Agnès Pannier-Runacher, a pris le relais ce samedi sur Europe 1 : « On peut utiliser des leviers juridiques, on peut utiliser leur levier réputationnel, parce que malgré tout, ils ne sont pas très à l'aide avec cette histoire. Et donc oui, on est en capacité de les pousser à mettre plusieurs millions, peut-être même plusieurs dizaines, pour accompagner la reconversion du site. »

Aucun détail sur les leviers juridiques évoqués par la ministre, mais des négociations entre l'Etat français et le constructeur sont toujours en cours. Quelque 850 personnes sont employées sur le site, que Ford compte fermer définitivement dans six mois, après avoir jugée l'offre de reprise « risquée ».

Certains syndicats, comme la Confédération générale du travail (CGT), souhaiteraient que l'Etat nationalise le site, au moins temporairement, afin de mettre en place une véritable stratégie industrielle sur place. Piste envisagée un temps, puis finalement rejetée par le gouvernement.

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