France

L'«index de l'égalité femmes-hommes» à l'heure du premier bilan

La ministre du Travail et la secrétaire d'Etat à l'Egalité, Muriel Pénicaud, doit faire un premier bilan de l'index de l'égalité femmes-hommes ce mardi 5 mars 2019.
La ministre du Travail et la secrétaire d'Etat à l'Egalité, Muriel Pénicaud, doit faire un premier bilan de l'index de l'égalité femmes-hommes ce mardi 5 mars 2019. REUTERS/Philippe Wojazer

Alors que la date limite était fixée au 1er mars, seule la moitié des entreprises françaises ont publié leur « index de l’égalité femmes-hommes », censé permettre de lutter contre les discriminations liées au genre dans le milieu professionnel.

Publicité

Pour la première fois, le gouvernement a demandé cette année aux entreprises françaises de plus de 1 000 salariés de publier leur « index de l'égalité femmes-hommes ». Un index à points avec des critères comme les écarts de rémunération, les écarts dans les promotions internes ou dans les augmentations annuelles. Les entreprises qui obtiennent de mauvaises notes peuvent être sanctionnées.

Le problème, c'est que seule une moitié des entreprises concernées a rempli cette obligation. Surtout, les résultats déjà fournis montrent des résultats excellents pour toutes les grandes entreprises. Alstom ou La Poste atteignent par exemple des scores respectifs de 95/100 et 94/100.

Un index biaisé ?

Une mascarade organisée par les autorités pour soigner l'image des entreprises, selon les organisations de défense des droits des femmes. « On a un index qui s'est transfomé en machine à blanchir les entrerprises et à dire : circulez, y a rien à voir. Alors que les inégalités sont criantes entre les femmes et les hommes au sein de ces entreprises, s'indigne Sophie Binet est co-secrétaire générale de la CGT, en charge de l'égalité femmes-hommes. Elle pointe le mode de calcul.

Il y a un manque terrible de transparence et de dialogue social, puisque les entreprises ne sont pas tenues de publier le détail de l'index et que les obligations de négociation avec les syndicats sont beaucoup trop limitées. De même que les obligations de transparence auprès des inspections du travail qui ne peuvent pas contrôler si le calcul est pertinent ou pas. Je pense par exemple à Capgemini qui fait "cocorico" avec une note de 94 sur 100 alors qu'il y a 15% d'écart de rémunération dans certaines de ses filiales.

Sophie Binet, co-secrétaire générale de la CGT, en charge de l'égalité femmes-hommes

La ministre du Travail et la secrétaire d'Etat à l'Egalité, Muriel Pénicaud et Marlène Schiappa, doivent s'exprimer ce mardi pour exposer leur premier bilan de cet « index de l'égalité femmes-hommes ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail