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Algérie

Les Algériens de France manifestent contre le 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika

Plus de 10 000 manifestants se sont rassemblés place de la République, à Paris, contre le 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika, le 10 mars 2019.
Plus de 10 000 manifestants se sont rassemblés place de la République, à Paris, contre le 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika, le 10 mars 2019. REUTERS/Philippe Wojazer
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Ils étaient plus de 10 000 rien qu’à Paris, place de la République, dimanche 10 mars. Des milliers aussi à Marseille, sur le Vieux-Port. Réunis pour soutenir le mouvement de protestation né en Algérie et dire non à un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika.

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A Paris, place de la République, la foule chante pour ses « Chouhada », les martyrs de l'Algérie, ce dimanche 10 mars. La statue de Marianne est couverte de drapeaux vert et blanc, constate notre envoyé spécial, Alexis Bédu. La chanteuse kabyle Massa Bouchafa est aux anges, de voir « les Algériens ici, unis, l’Est, l’Ouest, le Nord, le Sud, pour une seule cause, l’Algérie ». Elle « espère » que les appels de la foule « vont être entendus par le pouvoir algérien ».

Que ce soit sur les pancartes ou dans les slogans, le mot « Dégage » adressé au président Abdelaziz Bouteflika, se retrouve partout. « Y a quarante voleurs en Algérie, Bouteflika dégage », commente un manifestant.

Notre problème, aujourd’hui, effectivement c’est Boutef’, mais y a pas que Boutef’. On dit : le système, dégage ! C’est tout le système qui doit dégager et c’est toute la mentalité depuis 60 ans qui doit changer, parce que c’est l’injustice depuis l’indépendance.

Salim Saifi, qui poursuit et termine ses études en France, appelle de ses vœux une « nouvelle République » algérienne

« Il a eu 20 ans pour prouver qu’il était capable, il n’a rien prouvé. Au contraire »

Même ambiance à Marseille, rapporte notre correspondant, Stéphane Burgatt. Paradoxalement, si le président Bouteflika y est le principal sujet des chants scandés par le cortège, la question de son retour n’intéresse pas les manifestants. « C’est vraiment pas le vif du sujet, en fait. L’état de santé de Bouteflika ne m’intéresse pas. Même s’il était en capacité aujourd’hui de gouverner le pays, il a eu 20 ans pour prouver qu’il était capable, il n’a rien prouvé. Au contraire », explique Salim Saifi, sur le Vieux-Port.

A la vigueur des slogans pour exiger la fin d’un système politique, certains manifestants, à l’image de Fériel et Shiem préfèrent le symbole et brandissent des balais pour « faire le ménage. Nettoyer ce beau pays qui est plein d’espoir ». « Faut vraiment que ça se fasse, un gros coup de balai. On a un avenir incertain là, c’est l’horreur. »

Le positionnement éventuel de la France fait débat

Certains comme Sofiane Tahi, à Paris, aimeraient que la France prenne position contre le régime en place. Il estime que « ce n’est pas de l’ingérence que de dire, à un certain moment, qu’il est temps que le peuple algérien prenne son avenir en main ».

Un avis qui n'est pas partagé par tout le monde sur la place de la République. « Mieux vaut pas que la France s’ingère aux problèmes algériens, sinon ça va faire effet boomerang. Le peuple algérien est un peuple libre », s’exclame ainsi ce participant.

« La rue est là, la révolution est là »

Mais une chose semble certaine : l’ampleur de cette contestation est un motif de fierté, à Paris comme à Marseille. Le vert et blanc, couleurs nationales, sur les épaules - que ce soit une écharpe, un drapeau ou un maillot de foot - ils saluent un moment que Rani Smahi qualifie d’historique : « La flamme, ça y est, elle s’est allumée. C’est la flamme de l’espoir. […] Pour la première fois, je sens que la rue est là, la révolution est là ».

Un enthousiasme qui contraste, nous dit-on, avec la crainte que le mouvement finisse par être réprimé en Algérie et cette certitude que cette nouvelle République qu’ils appellent de leurs vœux sera longue et douloureuse à mettre en place.

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